IDKIDS en redres­se­ment judi­ciaire : Okaïdi et Oxybul dans l’incertitude

Le groupe nordiste Idkids, pro­prié­taire des marques Okaïdi, Obaïbi ou encore Oxybul, a été placé en redres­se­ment judi­ciaire pour ses activités fran­çaises par le tribunal de commerce de Lille. La procédure concerne près de 2 000 salariés et inter­vient dans un secteur du prêt-​à-​porter enfant fragilisé par la concur­rence du low cost, de l’ultra fast-​fashion et de la seconde main.

Dans les locaux du groupe IDKIDS, l’annonce du placement en redres­se­ment judi­ciaire de plusieurs marques ce lundi 3 février, dont Okaïdi, a provoqué un choc relatif, même si beaucoup de salariés disent s’y attendre depuis plusieurs mois.

« Bien sûr que c’est pré­oc­cu­pant et on en parle beaucoup dans les locaux, reconnaît Romaric, employé récent. Mais la direction est trans­pa­rente, donc elle gère bien la situation et limite l’inquiétude. »
Certains repré­sen­tants du personnel estiment également que l’entreprise explique sa stratégie de trans­for­ma­tion et son recours au redres­se­ment judi­ciaire comme un outil pour accom­pa­gner la réorganisation.

Au sein du groupe, sérénité et inquiétude…

La direction d’Idkids insiste sur le fait que cette procédure ne signifie pas la fin de l’entreprise. « Il ne faut pas s’inquiéter, ce sont des choses qui sont arrivées à d’autres marques connues de prêt-​à-​porter. Il faut juste s’adapter et se réor­ga­ni­ser », explique le PDG. Le groupe évoque un « effet sablier » : en haut de gamme, les marques résistent, tandis qu’en bas du marché, le low cost et l’ultra fast-​fashion conti­nuent de prospérer, laissant les enseignes de milieu de gamme comme Okaïdi sous forte pression.

Du côté syndical, le ton est plus grave. Farida Khelifi, déléguée syndicale CGT chez Idkids, rappelle que ce redres­se­ment judi­ciaire est l’aboutissement de dif­fi­cul­tés qui durent depuis des années, avec une dette impor­tante et des erreurs stra­té­giques dans un marché dégradé. « Évidemment, il faut s’inquiéter. Il faut s’attendre à ce que plusieurs boutiques soient fermées et plusieurs emplois perdus », prévient-elle.

Des clients qui redoutent le pire

Dans les magasins, certaines clientes expriment leur atta­che­ment aux enseignes du groupe. « Ce serait vraiment dommage si cela venait à fermer. J’habille ma fille avec Okaïdi, ce n’est pas cher et c’est de qualité », confie une cliente. Une autre souligne le rôle d’Oxybul : « On y trouvait des jouets qui sortaient un peu de l’ordinaire. On perdrait une adresse impor­tante pour les familles. »

Le redres­se­ment judi­ciaire ouvre désormais une période d’incertitudes pour les salariés et les clients du groupe. Entre discours rassurant de la direction et alertes syn­di­cales sur les fer­me­tures et l’emploi, l’avenir d’Okaïdi et d’Oxybul dépendra de la capacité d’Idkids à se réor­ga­ni­ser et à retrouver un équilibre économique.

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