La foire aux manèges, une vieille dame en péril ?

Au cœur de l’es­pla­nade du champ de Mars, la foire aux manèges reste un évènement incon­tour­nable pour ceux en quête de sen­sa­tions fortes. Pourtant, à l’heure où les fêtes foraines connaissent une chute des fré­quen­ta­tions, le coût de la vie menace l’avenir des forains dans la métropole.

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de nouveaux jeux mais c’est de plus en plus cher, notamment pour les familles ». Ce cri du cœur de Fabrice, père de famille et Lillois de père en fils, symbolise les tensions que partagent de nombreux passants en tra­ver­sant les rues. Assis sur son vélo, cet habitué remarque la folle montée des prix depuis quelques années. « Avant, un manège pour les petits ça coûtait un euro main­te­nant c’est trois, ça a triplé ! ». Si la foire aux manèges de Lille, la troisième la plus impor­tante de France derrière Rouen et Paris, reste attrac­tive avec son million de visiteurs par an, l’augmentation des prix contraint les visiteurs à renoncer aux plaisirs d’une bonne barbe à papa.

Pour Carla, res­pon­sable d’un manège au cœur de la foire, les consé­quences des dif­fé­rentes crises poli­tiques et éco­no­miques impactent direc­te­ment les forains. « On ressent plutôt un manque de pouvoir d’achat (…) Les gens passent beaucoup plus pour se balader plutôt que de faire un manège ». Les prix, qui ont augmenté de 20 à 50 % en l’espace de trente ans, allant de trois à jusqu’à huit euros, consti­tuent un frein pour de nom­breuses familles qui se résignent à limiter leurs visites.

Les auto-​tamponneuses conti­nuent de séduire les Lillois. © Thibault Serre

Une fête foraine réamé­na­gée qui cherche à exister sur la durée

Depuis septembre, six nouvelles attrac­tions sont venues compléter l’effectif impres­sion­nant de 180 attrac­tions dont dispose la foire. Parmi les nou­veau­tés la célèbre Bellevue Tower, une attrac­tion de chaises volantes qui culminent jusqu’à 80 mètres de hauteur tient la vedette. Ce manège, unique en France, continue à faire venir de nouveaux arrivants. « Les gens ont le goût de la fête, il y a des couleurs, c’est vraiment sym­pa­thique ». Remarque Dylan, étudiant et ori­gi­naire de la ville de Nice.

Avec près de 100 000 personnes lors du week-​end de la Braderie de Lille, l’attractivité de la fête foraine reste indé­niable. L’odeur allé­chante du parfum des churros, la joie expres­sive des enfants et les appels irré­sis­tibles des forains per­mettent de trans­mettre l’énergie à la foule, dépassant les tracas du quotidien.

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