Les cafés soli­daires ou comment consommer différemment

Alors que les ini­tia­tives soli­daires se mul­ti­plient dans notre société, devenant presque une mode, les cafés soli­daires tirent leur épingle du jeu. En plein cœur de Wazemmes, le bistrot Les Sarrazins est devenu une adresse inévitable.

Au-​delà de l’effet de tendance, ces cafés proposent une véritable alter­na­tive pour animer la vie locale. L’objectif ici est de favoriser le lien et l’entraide sous un statut de coopé­ra­tive. A Lille, de nombreux éta­blis­se­ment de ce genre coexistent, avec des concepts propres à chacun : Le Bus Magique, se veut être un lieu pour prendre soin de soi, Les Potes en Ciel propose un espace d’accueil pour les enfants et les familles…

Une alter­na­tive aux cafés classiques

Portrait d’Elyas, salarié aux Sarrazins, un café solidaire où l’accueil et la convi­via­lité sont au cœur de chaque rencontre. © Pauline Dessillons

Ici, l’objectif n’est pas com­mer­cial, mais social. Le statut aussi. Par exemple Le Café Citoyen est une Scop (Société coopé­ra­tive et par­ti­ci­pa­tive) où chaque salarié est aussi un associé impliqué dans la direction du café. Un peu comme aux Sarrazins, le café est une Société coopé­ra­tive d’intérêt collectif (SCIC). Elyas, salarié des Sarrazins, explique que chaque employé participe col­lec­ti­ve­ment aux décisions prises concer­nant le café : « Nous fonc­tion­nons avec une gestion hori­zon­tale. Chaque mardi, nous nous réunis­sons en équipe, et chaque personne dispose d’une voix pour décider de l’or­ga­ni­sa­tion du café, des évé­ne­ments à venir et des amé­lio­ra­tions à apporter à notre espace. » Cette orga­ni­sa­tion permet, selon Elyas, d’installer une vraie bonne ambiance de travail. « Nous sommes souvent d’accord sur les décisions ! » Pour lancer le projet, Elyas explique que les fon­da­teurs ont eu recours à des fonds de finan­ce­ment éthique et ont mis en place une gou­ver­nance col­la­bo­ra­tive impli­quant les salariés, les socié­taires et les four­nis­seurs. Autre enga­ge­ment fort : la mise en place du principe des cafés et repas suspendus. Un client peut payer à l’avance une boisson ou un plat pour quelqu’un dans le besoin. Mais même lorsque personne n’a pas laissé d’argent pour cela, l’établissement fait en sorte que rien ne soit perdu. « S’il nous reste de la nour­ri­ture, on la redis­tri­bue, explique Elyas. Toute personne dans le besoin peut entrer et demander s’il y a quelque chose à manger. Si c’est le cas, on lui donne, tout sim­ple­ment. »

Un espace chaleureux

Le lieu ne se limite pas à un simple café-​restaurant. Il accueille tout au long de la journée des clients, mais aussi des asso­cia­tions, des pro­jec­tions, des concerts, un marché de créateurs, des confé­rences et des débats. Tous les mou­ve­ments sociaux, culturels, éco­lo­giques et asso­cia­tifs y trouvent leur place. Et ça fonc­tionne : le bar ne désemplit pas au quotidien. Pour Emma, venue tra­vailler avec son amie, cet esprit d’accueil se ressent dès qu’on pousse la porte : « Il y a un sentiment de tolérance. On sent qu’on ne va pas être mis dehors si on ne consomme pas une boisson par heure en restant tra­vailler tout l’après-midi, contrai­re­ment à d’autres endroits. » Un sentiment partagé par Esther, qui dit se « sentir comme à la maison ». Au-​delà du cadre bien­veillant, c’est aussi l’engagement du lieu qui la touche : « Ce sont des gens qui par­ti­cipent à la vie cari­ta­tive, du moins qui aident une certaine com­mu­nauté, ce qui me tient à cœur. »

  • Les Sarrazins – 52,54 Rue des Sarrazins, 59000 Lille
  • Le Café Citoyen – 7 Pl. du Vieux Marché aux Chevaux, 59000 Lille
  • Le Bus Magique – Av. Cuvier, 59800 Lille
  • Les Potes en Ciel – 70 Rue de Flers, 59800 Lille

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