Lille : les patrons de galerie d’art contraints de s’adapter

La scène artis­tique lilloise est en plein essor et les galeries d’art dans le Vieux-​Lille ne manquent pas. Tandis que certaines se meurent, d’autres émergent, en déve­lop­pant de nouveaux concepts pour attirer la clientèle.


Au numéro 16 de la rue des Vieux Murs, une vitrine dévoile des tableaux et des sculp­tures qui accrochent le regard. C’est là que Mylène a ouvert sa galerie, en 2018. Amatrice et col­lec­tion­neuse d’art, elle expose et vend des œuvres allant de 1 000 à 10 000 euros. Capable de restituer toutes les étapes de la consti­tu­tion de chaque réa­li­sa­tion, elle entre­tient un lien proche avec les artistes qu’elle repré­sente. « Pour faire de l’art, il faut avoir quelque chose à dire, de la technique, et une signature » 

Un modèle éco­no­mique difficile 

Avec 50 % pour l’artiste et 50 % pour la galerie à chaque vente, et dans un empla­ce­ment tou­ris­tique, Mylène n’arrive pourtant pas à se verser un revenu. Depuis 2022, après la pié­to­ni­sa­tion du secteur, qui ne date pas d’hier, elle a vu sa clientèle venant prin­ci­pa­le­ment de Paris, baisser. « Avant 2022, Je suis passée d’une vingtaine de ventes par mois à quatre seule ment aujourd’hui, les ventes baissent, mais le loyer augmente. » Heureusement, cette impres­sion n’est pas partagée par tout le monde.

Dans les galerie de Mylène, des tableaux de l’artiste Anne Dewailly accrochés au mur.

Galerie Smack, la nouvelle venue


A deux pas de la place aux oignons, rue d’Angleterre, une nouvelle galerie à ouverte ses portes le 5 septembre dernier. Au départ, il y avait Zachary et Thomas, qui se ren­contrent sur les bancs de la fac de droit. Tous deux amis et pas­sion­nés d’art, il s’associent quelques années plus tard et fondent une première galerie à Dunkerque. 

Après un excellent accueil des Dunkerquois, ils décident de s’associer à Simon et Steve, deux amis res­pec­ti­ve­ment dans le commerce et la com­mu­ni­ca­tion, pour s’étendre sur le marché lillois. « Ouvrir une galerie à Lille nous permet de nous ancrer dans une ville plus jeune mais aussi plus émancipée sur la scène artis­tique. » Smack, c’est le nom que les quatre amis ont donné à la galerie. Comme son nom, elle sort un peu de l’ordinaire. Il est possible d’y prendre un café et de déguster un cookie en observant les œuvres de jeunes artistes français et internationaux. 

« L’idée était de faire d’une galerie un lieu de vie et non pas un lieu vide ». Les prix tournent autour de 2 000 à 3 500 euros, en fonction de la taille. Au fond, on y trouve une section consacrée aux petits budgets, avec des affiches murales entre 40 et 60 euros. De quoi rendre davantage acces­sible l’art, à la jeunesse lilloise. L’art résiste à condition de s’adapter aux nouvelles demandes de la clientèle. Une qua­ran­taine de galeries d’art sont ins­tal­lées à Lille, exposant chacune des artistes aux univers très différents.

Zachary, l’un des quatre associés de la nouvelle galerie Smack.

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