Menstruations et sport de haut niveau : les cham­pionnes lèvent le tabou

Les Jeux olym­piques d’hiver de Milan-​Cortina se sont achevés ce dimanche 22 février, après deux semaines de com­pé­ti­tions intenses. Une édition durant laquelle plusieurs sportives ont pris la parole pour évoquer un sujet longtemps tabou : les règles et, plus largement, la réalité du corps féminin.

Sur les pistes, les pati­noires ou les tremplins, la per­for­mance est souvent analysée sous l’angle du physique, de la technique ou de la pré­pa­ra­tion mentale. Mais cette année, certaines athlètes ont choisi d’aborder un aspect rarement évoqué : l’impact du cycle menstruel sur la com­pé­ti­tion. En lice pour le titre olympique indi­vi­duel, après avoir déjà décroché l’or par équipe en patinage artis­tique, l’Américaine , Amber Glenn, a été la première durant ces Jeux à aborder ouver­te­ment le sujet. Émue aux larmes après son programme libre, qu’elle a conclu à la cinquième place, la cham­pionne de 26 ans a confié : « J’ai mes règles en ce moment, donc c’est vraiment difficile. » 

Loin d’essayer de justifier une contre-​performance, la jeune femme a tenu à faire passer un message. « C’est difficile, surtout quand on porte ce genre de vêtements et que l’on doit être per­for­mante devant le monde entier. C’est dur et personne n’en parle. C’est bou­le­ver­sant et effrayant, mais vous devez aller en com­pé­ti­tion et être une athlète. C’est quelque chose dont on ne parle pas suf­fi­sam­ment concer­nant les athlètes féminines, alors que cela devrait être un sujet de dis­cus­sion », a‑t-​elle ajouté.

Un quotidien passé sous silence

Plus tôt dans la com­pé­ti­tion, la biathlète italienne Dorothea Wierer avait, elle aussi, partagé son ressenti sur son expé­rience en tant qu’athlète féminine. Cinquième du clas­se­ment, derrière les Françaises Julia Simon et Lou Jeanmonnot, elle n’a manqué le podium que de 29 secondes à cause d’une per­for­mance perturbée par ses règles : « J’ai beaucoup peiné sur mes skis, mais ce n’était pas très agréable phy­si­que­ment. Malheureusement, pour nous les femmes, c’est comme ça une fois par mois, il faut faire avec. »

Pendant longtemps, le cycle menstruel a été considéré comme un élément intime, rarement évoqué dans les médias ou même au sein des entraî­ne­ments. Pourtant, pour beaucoup d’athlètes, il fait plei­ne­ment partie de la pré­pa­ra­tion et peut influen­cer la récu­pé­ra­tion, la gestion de l’effort ou encore les sen­sa­tions en com­pé­ti­tion. Selon un sondage de l’INSEP (L’Institut national du sport, de l’ex­per­tise et de la per­for­mance) mené en 2021 auprès de ses athlètes, 84% d’entre elles décla­raient vivre la mens­trua­tion comme une période difficile dans leur pratique. Suite à ces résultats alarmants, l’établissement français a mis à leur dis­po­si­tion un document éducatif sur les mens­trua­tions et le sport rédigé par Carole Maître, gynécologue-médecin.

Des évo­lu­tions à venir ?

Certaines équipes tra­vaillent désormais avec des médecins et des pré­pa­ra­teurs physiques pour adapter les entraî­ne­ments en fonction des dif­fé­rentes phases du cycle. Des appli­ca­tions de suivi, utilisées par les sportives et leurs staffs, per­mettent aussi de mieux anticiper les périodes de fatigue ou de baisse de per­for­mance. Dans plusieurs fédé­ra­tions, des for­ma­tions sont également mises en place pour sen­si­bi­li­ser entraî­neurs et enca­drants à la phy­sio­lo­gie féminine. L’objectif : améliorer la santé des athlètes tout en opti­mi­sant leur per­for­mance. Une évolution pro­gres­sive, encore inégale selon les dis­ci­plines, mais qui témoigne d’un chan­ge­ment de regard sur le corps des sportives.

L’IA a de la concur­rence : l’intelligence humaine a déchiffré une langue disparue

Le déchiffrement de l’élamite linéaire par François Desset marque...

Un quotidien han­di­ca­pant et des douleurs omni­pré­sentes : le combat de Célia

En France, deux millions de femmes sont atteintes d'endométriose,...

Au cœur de Gambetta, la passion avant tout

Face aux grandes surfaces, les commerces de bouche doivent...

Contrepoint n°45

Au cœur de Gambetta, la passion avant tout

Face aux grandes surfaces, les commerces de bouche doivent sans cesse s’adapter. L’approvisionnement devient plus complexe, la concurrence s’intensifie et les habitudes de consommation...

Face au gas­pillage du matériel médical, la solution du reconditionné

Alors qu’une grande partie du matériel médical finit inutilement à la poubelle, une entreprise nordiste a peut-être trouvé une solution pour faire face au...

La salle de sport, miroir gros­sis­sant de notre société

On a tous une connaissance qui va « à la salle » chaque semaine, parfois tous les jours. Cet ami, c'est peut-être vous. Mais...