Polluants éternels dans l’eau du robinet : un danger sous-​estimé en France

En septembre dernier, une étude avait été réalisée par France Bleu et Radio France mettant en lumière la présence de polluants éternels (PFAS) dans l’eau du robinet à Lille. Cette fois-​ci, ce sont UFC-​Que Choisir et Générations Futures qui se sont emparés du dossier en sortant une étude en fin de mois de janvier.

Lille n’est pas la seule commune à être passée sous le crible de cette nouvelle enquête. Amiens, Toulouse, Lyon ou encore Roubaix, parmi les trente communes testées, certaines affichent des taux élevés de PFAS (per- et polyfluoroalkylées).

Des taux qui sont conformes aux normes françaises…

Lorsque la question leur avait été posée en fin d’année 2024, l’ARS des Hauts-​de-​France (agence régionale de santé) avait été sans équivoque : « l’eau du robinet peut continuer à être consommée » car elle est conforme aux normes françaises.

Aucune des communes testées n’est au dessus des normes fran­çaises ©Générations Futures /​UFC-​Que-​Choisir

Factuellement, il est vrai qu’aucun des seuils des trente communes n’a été dépassé car le seuil français est de 100 ng/​l (nano­gramme par litre) pour 20 PFAS. En revanche, si l’on compare aux seuils d’autres pays, les résultat sont tout autres…

…mais pas aux normes étrangères

En appli­quant le seuil américain,par exemple, qui sera de 4 ng/​l en 2029, on constate que 6 communes ont des taux de PFOA et/​ou de PFOS (qui sont tous deux des PFAS) qui dépassent la limite.

Six communes sur trente dépassent le seuil américain prévu pour 2029 ©Générations Futures /​UFC-​Que-​Choisir

En appli­quant le seuil danois, qui sera de 2 ng/​l pour la somme de 4 PFAS en 2026, c’est cette fois la moitié des communes qui ne passent pas le test, dont Lille.

La moitié des communes dépassent le seuil danois, prévue pour 2026, dont Lille ©Générations Futures /​UFC-​Que-​Choisir

Un problème global

Assis à la table de sa salle à manger, Thomas, étudiant d’une vingtaine d’années, ne pense pas changer ses habitudes concer­nant l’eau. « Si je bois l’eau du robinet, c’est pour éviter d’avoir à en acheter en bouteille », explique-​t-​il, en sortant sa gourde d’eau. Si pour certains, l’aspect pécu­niaire est important, d’autres sont plus prag­ma­tiques. « De toute façon, qu’elle soit en bouteille ou qu’elle sorte du robinet, c’est du pareil au même : l’eau est polluée », affirme Laurence, sa mère, en posant une carafe sur la table, « et puis c’est surtout plus lourd d’acheter des packs d’eau que de se servir direc­te­ment au robinet ». Aucune solution ne semble donc meilleure que l’autre, si ce n’est demander aux autorités sani­taires fran­çaises de renforcer les contrôles sur les rejets indus­triels dans l’eau que nous sommes sus­cep­tibles de consommer…

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