Vente d’or : Pourquoi les par­ti­cu­liers passent à la caisse ?

Depuis près de deux ans, la vente d’or augmente de manière excep­tion­nelle. Les français seraient-​ils en train de se ruer sur cet objet de convoi­tises ? Cette aug­men­ta­tion est constatée par de nombreux acheteurs lillois. Nous sommes partis enquêter pour savoir qui sont ces par­ti­cu­liers qui vendent leur précieux métal.

« Tout le monde le sait, il faut toujours garder de l’or de côté au cas où », lance une passante. 

Bijoux de famille, vieille alliance ou collier de baptême, tout est bon pour se faire un peu d’argent. Ces derniers temps, les comptoirs de rachat d’or constatent une aug­men­ta­tion des ventes de par­ti­cu­liers. Plus de 25 % de ventes sup­plé­men­taires chez le Comptoir National de Vente d’Or cette année, 40 % chez Godot & Fils depuis les deux dernières années et jusqu’à 40 % d’augmentation en trois mois chez Or en Cash. Entre la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation du cours de l’or, le moment semble favorable pour vendre ses vieux bijoux. Mais derrière ces chiffres, les moti­va­tions sont loin d’être les mêmes.

De l’étudiante à la retraitée un peu coquette

« Au retour des vacances et avec la baisse du pouvoir d’achat, il y a pas mal de gens qui ont besoin d’argent. Certaines personnes viennent alors pour payer les factures », raconte Julien. Pour certains, vendre quelques bijoux permet donc de faire face aux dépenses du quotidien. Mais cette expli­ca­tion ne suffit pas à décrire tous les clients. « Il n’y a pas que des gens venus pour remplir leur frigo. Il y a des par­ti­cu­liers, habitués ou non, mais aussi des acheteurs d’or qui en font leur business », constate la gérante d’une autre boutique.

De plus en plus de par­ti­cu­liers viennent vendre leur bijoux en or. Lille, 30/​09/​26 © L. Junier

Les profils sont variés. Madeleine, retraitée, a vendu trois bagues de fian­çailles pour 900 euros : « C’est la première fois que je vends de l’or. Sans ça, je n’aurais pas pu réparer ma voiture ». Annie, 70 ans, revend régu­liè­re­ment ses bijoux pour refaire sa garde-​robe. Et Céline, quant à elle, a vendu à contre­cœur les bijoux de ses ancêtres : « Ils n’étaient pas à ma taille et j’ai peur de me faire cam­brio­ler, alors j’ai décidé de tout vendre ». Et les plus âgés ne sont pas les seuls concernés. Chez Or en Cash, « les personnes qui viennent ont entre 18 et 85 ans », s’amuse Thomas. Il constate aussi la présence régulière de clients issus de la com­mu­nauté magh­ré­bine. « Ils viennent avec leur or afin d’investir dans des projets car l’emprunt est prohibé », explique-​t-​il.

Valentine a 21 ans. Etudiante, elle est venue vendre sa pièce de 20 francs et est repartie avec « 630 euros net. Ça va me permettre d’acheter un nouvel ordi ». L’or devient donc une manière de trans­for­mer rapi­de­ment un vieux bijoux en argent dis­po­nible. Pour certains, il sert à payer une dépense imprévue. Pour d’autres, il permet de financer un achat ou un projet. Mais face à cette hausse des ventes, encore faut-​il savoir à qui confier ses bijoux.

Gare aux mauvaises surprises

Thomas, res­pon­sable régional d’Or en Cash, appelle à la vigilance. « Beaucoup de nouvelles boutiques, qui ne sont pas forcément cer­ti­fiées, peuvent proposer des pratiques moins trans­pa­rentes », explique-t-il.

Avant de vendre, mieux vaut donc savoir combien vaut réel­le­ment son or. Le cours est acces­sible sur internet et permet d’avoir un premier repère. L’expertise doit ensuite être réalisée devant le vendeur, du poids du bijou à sa teneur en or. Les prix proposés varient aussi d’une boutique à l’autre. Certains pro­fes­sion­nels proposent un prix supérieur au cours de l’or, d’autres un prix inférieur. L’or est donc devenu aujourd’hui une nouvelle alter­na­tive finan­cière mais attention à comparer les offres et se ren­sei­gner sur la boutique pour éviter une mauvaise surprise.

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