Le Forum des Associations et du Bénévolat de Lille a réuni plus de 200 associations. Mais derrière les prises de contact et les bonnes intentions de rentrée, une question demeure : combien de nouveaux bénévoles seront encore là dans quelques mois ?
À 18 ans, Ilitis est déjà bénévole dans cinq associations. Un engagement qui lui prend du temps, mais qu’elle assume. « Je rencontre beaucoup de gens et c’est ce qui me plaît », raconte l’étudiante en ergothérapie. Retraités, étudiants, personnes venues d’autres horizons : le bénévolat lui permettant de s’enrichir que d’élargir son réseau.
« Je voulais me sentir utile »
Elle adapte son investissement à ses disponibilités, pour ne pas laisser le bénévolat empiéter sur ses études ou sa vie personnelle : « C’est quand on se cale des créneaux qu’on peut travailler comme il faut », estime-t-elle. Quelques années plus tôt, Louison, 20 ans, avait, elle aussi, trouvé dans l’engagement un moyen de se rendre utile. Elle intervenait dans des lycées pour parler d’études supérieures, y cherchant quelque chose de plus personnel : « Le principal objectif pour moi, c’était vraiment de combattre la timidité. ». Aujourd’hui, elle n’exclut pas de recommencer, se projetant plutôt dans une implication ponctuelle, selon l’association et les besoins.
« Souvent, le bénévolat, c’est comme la salle de sport, une bonne résolution qui s’essouffle. » Clémentine
L’engagement doit trouver sa place
Nehida, 24 ans, venue au forum des associations avec Louison, n’a pas spéciale ment prévu de s’engager. Elle n’a d’ailleurs jamais fait partie d’une association. Si elle devait franchir le pas, Nehida privilégierait une implication limitée, compatible avec ses études. Ce qui pourrait la faire renoncer ? « Le manque de temps dans l’ensemble. » Car abandonner rapidement ne serait pas seulement un échec personnel : elle aurait aussi le sentiment de laisser tomber les personnes avec lesquelles elle se serait engagée. Louison refuse la comparaison entre bénévolat et bonne résolution : « Ce n’est pas être bénévole pour être bénévole. »
Du premier contact à l’envie de rester
Sur le terrain, les associations constatent pourtant que la motivation peut s’essouffler. Chez les Éclaireuses et Éclaireurs de la Nature, la rentrée est une période particulièrement chargée. De nouveaux bénévoles arrivent, parfois sans connaître le scoutisme : « Le bénévole doit être bien accompagné, se sentir soutenu dans sa démarche, pour s’investir sur le long terme », explique Clémentine, responsable de groupe à Lille Centre. Dans l’association, la fidélisation des jeunes bénévoles est variable. Une vie professionnelle ou personnelle trop remplie, ou encore un décalage entre l’idée que l’on se faisait du scoutisme et sa réalité, peuvent conduire au départ estime Clémentine.
Même constat chez Rotaract. Amine, bénévole de l’association depuis deux ans, observe que les personnes qui rejoignent une structure en cours d’année sont parfois plus durables que celles qui arrivent avec la motivation de septembre. Pour retenir les nouveaux venus, l’association mise notamment sur le lien social. Une attention qui peut sembler minime : connaître le prénom d’une nouvelle personne, lui dire au revoir, lui faire sentir qu’elle a sa place. Pour Amine, qui en a fait l’expérience il y a quelques années, c’est justement ce sentiment d’intégration qui peut transformer une simple participation en engagement.
Le bénévolat ne se résume donc pas à franchir la porte d’une association : encore faut-il pouvoir y rester. Alors au milieu des contraintes du quotidien, la bonne résolution de septembre peine parfois à trouver une place concrète.