Au mois de septembre, l’envie de bénévolat résiste-​t-​elle à la rentrée ?

Le Forum des Associations et du Bénévolat de Lille a réuni plus de 200 asso­cia­tions. Mais derrière les prises de contact et les bonnes inten­tions de rentrée, une question demeure : combien de nouveaux bénévoles seront encore là dans quelques mois ?

À 18 ans, Ilitis est déjà bénévole dans cinq asso­cia­tions. Un enga­ge­ment qui lui prend du temps, mais qu’elle assume. « Je rencontre beaucoup de gens et c’est ce qui me plaît », raconte l’étudiante en ergo­thé­ra­pie. Retraités, étudiants, personnes venues d’autres horizons : le bénévolat lui per­met­tant de s’enrichir que d’élargir son réseau.

« Je voulais me sentir utile »

Elle adapte son inves­tis­se­ment à ses dis­po­ni­bi­li­tés, pour ne pas laisser le bénévolat empiéter sur ses études ou sa vie per­son­nelle : « C’est quand on se cale des créneaux qu’on peut tra­vailler comme il faut », estime-​t-​elle. Quelques années plus tôt, Louison, 20 ans, avait, elle aussi, trouvé dans l’engagement un moyen de se rendre utile. Elle inter­ve­nait dans des lycées pour parler d’études supé­rieures, y cherchant quelque chose de plus personnel : « Le principal objectif pour moi, c’était vraiment de combattre la timidité. ». Aujourd’hui, elle n’exclut pas de recom­men­cer, se projetant plutôt dans une impli­ca­tion ponc­tuelle, selon l’association et les besoins.

« Souvent, le bénévolat, c’est comme la salle de sport, une bonne réso­lu­tion qui s’essouffle. » Clémentine

L’engagement doit trouver sa place

Nehida, 24 ans, venue au forum des asso­cia­tions avec Louison, n’a pas spéciale ment prévu de s’engager. Elle n’a d’ailleurs jamais fait partie d’une asso­cia­tion. Si elle devait franchir le pas, Nehida pri­vi­lé­gie­rait une impli­ca­tion limitée, com­pa­tible avec ses études. Ce qui pourrait la faire renoncer ? « Le manque de temps dans l’ensemble. » Car aban­don­ner rapi­de­ment ne serait pas seulement un échec personnel : elle aurait aussi le sentiment de laisser tomber les personnes avec les­quelles elle se serait engagée. Louison refuse la com­pa­rai­son entre bénévolat et bonne réso­lu­tion : « Ce n’est pas être bénévole pour être bénévole. »

Du premier contact à l’envie de rester

Sur le terrain, les asso­cia­tions constatent pourtant que la moti­va­tion peut s’essouffler. Chez les Éclaireuses et Éclaireurs de la Nature, la rentrée est une période par­ti­cu­liè­re­ment chargée. De nouveaux bénévoles arrivent, parfois sans connaître le scoutisme : « Le bénévole doit être bien accom­pa­gné, se sentir soutenu dans sa démarche, pour s’investir sur le long terme », explique Clémentine, res­pon­sable de groupe à Lille Centre. Dans l’association, la fidé­li­sa­tion des jeunes bénévoles est variable. Une vie pro­fes­sion­nelle ou per­son­nelle trop remplie, ou encore un décalage entre l’idée que l’on se faisait du scoutisme et sa réalité, peuvent conduire au départ estime Clémentine.

Même constat chez Rotaract. Amine, bénévole de l’association depuis deux ans, observe que les personnes qui rejoignent une structure en cours d’année sont parfois plus durables que celles qui arrivent avec la moti­va­tion de septembre. Pour retenir les nouveaux venus, l’association mise notamment sur le lien social. Une attention qui peut sembler minime : connaître le prénom d’une nouvelle personne, lui dire au revoir, lui faire sentir qu’elle a sa place. Pour Amine, qui en a fait l’expérience il y a quelques années, c’est justement ce sentiment d’intégration qui peut trans­for­mer une simple par­ti­ci­pa­tion en engagement.

Le bénévolat ne se résume donc pas à franchir la porte d’une asso­cia­tion : encore faut-​il pouvoir y rester. Alors au milieu des contraintes du quotidien, la bonne réso­lu­tion de septembre peine parfois à trouver une place concrète.

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