À l’occasion de la 37e édition des Semaines d’information sur la santé mentale, placées sous le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ! », plusieurs expositions investissent Lille et ses alentours. La création artistique, sous toutes ses formes, invite à libérer la parole et à porter un autre regard sur les troubles psychiques.
Dans une vaste salle aux murs blancs, photographies, peintures et œuvres immersives se côtoient. Mais, parmi toutes ces réalisations, ce sont de petites créatures aux couleurs vives qui attirent le regard. Des « alebrijes », explique Odile, bénévole à l’Unafam (Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques). Ces sculptures, inspirées de l’art populaire mexicain, font partie de Mosaïque des talents, une exposition – débutée le mercredi 7 octobre – réunissant à la Maison Folie Moulins des créations de personnes accompagnées, ou non, par des structures de santé mentale.
« Vivre un parcours ressourcé, après avoir osé se lancer »
Avant de sculpter, les participants aux ateliers de l’Unafam ont d’abord été invités à prendre part à un atelier d’écriture. L’objectif ? Faire découler des textes ou des poèmes à partir d’un seul mot : le rétablissement. « Rebondir, grâce à la couleur et à la joie, pour bien cicatriser ! Et vivre un parcours ressourcé, après avoir osé se lancer » peut-on, par exemple, lire sous la création de Corinne. De ces mots sont donc nées les sculptures, mais aussi des émotions, jusque-là difficiles à formuler. « […] ça correspond à ce que l’on ressent à l’intérieur, seulement nous n’arrivions pas à trouver les mots » ont pu confier certains participants à Odile.
« L’art, pour changer de regard »
Quelques mètres plus loin, les teintes bleues, jaunes et vertes caractéristiques de l’univers de Vincent Van Gogh colorent un pan de mur. Le groupe d’activités manuelles de l’hôpital de jour « Les Quatre Chemins » s’est inspiré du peintre néerlandais, lui-même confronté à d’importants troubles psychiques. Tournesols, rues pavées et ciels étoilés invitent ainsi à s’interroger sur le regard porté sur la maladie mentale et sur les personnes qui en souffrent. Mais Van Gogh n’est pas leur seule source d’inspiration : les participants ont également exploré trois autres univers, autour de la Nature, de l’upcycling et du « Reg’Arts Extérieurs ».

À Lille, comme dans les communes voisines, d’autres expositions prolongent cette réflexion. Par exemple, à l’hôpital Huriez du CHU de Lille, la photographe Delphine Chenu explore, à travers son objectif, les bouleversements qu’apportent la maternité, et sensibilise aux signes de la dépression postnatale.
Bien au-delà de leur dimension artistique, ces expositions mettent en valeur la diversité des bienfaits de la création. Car si l’art permet de découvrir de nouvelles passions, il peut aussi devenir un moyen d’extérioriser ses émotions, de reprendre confiance en soi, de créer du lien social ou, tout simplement, de s’accorder une pause dans un monde qui, lui, ne s’arrête jamais.
Le programme complet des différentes activités proposées pour ces Semaines d’information sur la santé mentale est à retrouver sur le site de la Ville de Lille.