Du 29 octobre au 1er novembre, le Lille Grand Palais a accueilli la dixième édition du Festival New Romance, consacré à un genre longtemps déconsidéré mais aujourd’hui en plein essor.
D’une littérature décriée à un phénomène éditorial
La New Romance désigne des romans d’amour contemporains, souvent centrés sur une relation passionnelle et les difficultés que traversent les personnages. Le genre comprend plusieurs sous-catégories comme la romance universitaire se déroulant dans le milieu étudiant ou la dark romance, qui explore des relations plus sombres.
Le succès de Cinquante nuances de Grey de E.L James, au début des années 2010, contribue à populariser les romances érotiques. En France, Hugo Publishing lance sa collection New Romance en 2013, puis le succès d’After, d’Anna Todd, participe à son essor. Longtemps jugée peu sérieuse, cette littérature est critiquée pour ses intrigues parfois stéréotypées et son écriture considérée comme simple. Son lectorat majoritairement féminin participe aussi aux préjugés dont elle fait l’objet. Ces critiques n’empêchent pas le succès : En 2023, la New Romance représentait six millions de livres vendus en France, pour un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. En un an, le marché avait plus que doublé.
Un festival rythmé
Créé en 2016 par Hugo Publishing, une maison d’édition française, le festival accompagne cet engouement. Après une édition à Lille en 2019, il retrouve la ville pour ses dix ans. Au Grand Palais, les lecteurs peuvent faire dédicacer leurs livres et échanger avec les autrices. Des masterclass sont organisées autour de discussions thématiques : accompagnées d’un animateur, deux autrices échangent sur leur écriture, leurs personnages et les sujets qu’elles abordent. L’une d’elles était consacrée à la dark romance, autour du thème « L’amour plus fort que le crime ? ». Blind tests, jeux et stands d’artisans animent aussi l’attente entre deux dédicaces.
De 55 à 145 euros, les pass donnent accès à ces activités et, pour les plus coûteux, aux soirées spéciales. Le vendredi, certains festivaliers ont découvert les deux premiers épisodes de Campus Drivers, série adaptée des romans de C. S. Quill sur la plateforme Prime Video. Elle suit Loïs, une étudiante qui se retrouve à partager un logement avec Lane, un étudiant populaire de son campus. Cette cohabitation inattendue est au cœur de la romance. La projection était suivie d’une rencontre avec les acteurs. Le samedi, un repas sur le thème d’Halloween était organisé.
Une communauté réunie autour des livres
Pour Pauline et Marie, venues respectivement d’Évreux et de Strasbourg, le festival était une première. « On est hyper contentes de l’expérience. L’ambiance est vraiment super », racontent-elles.
Venue de Paris pour son quatrième FNR, Julie revient parce qu’elle « adore l’ambiance et le fait d’être dans une bulle de lecteur ». Elle apprécie les échanges avec les autrices, même si elle estime que l’organisation n’est « pas toujours au top ». Face à l’affluence, certaines files de dédicaces en accès libre ont dû être fermées.

Dix ans après sa création, le Festival New Romance est passé de 500 participants à ses débuts à 5 000 en 2026. Une progression qui confirme l’engouement d’un public toujours plus nombreux pour un genre qui a su trouver sa place dans le paysage littéraire.