À Saint-Martin-lez-Tatinghem, Max Navaux développe à l’APEI Les Papillons Blancs une équipe de flag-football ouverte à tous. Un projet qui mise sur le sport pour gagner en confiance et en autonomie.
Un ballon ovale en cuir traverse le terrain, un joueur accélère, le réceptionne et cherche l’en-but, la zone délimitée qu’il doit atteindre pour marquer. Le flag-football ressemble au football américain, à une différence près : ici, pas de plaquage. Pour arrêter l’adversaire, il faut lui arracher l’un des petits rubans accrochés à sa ceinture. « On évite les contacts », résume Max Navaux, joueur l’instigateur du projet. Le reste est affaire de vitesse, de passes et de stratégie. À cinq contre cinq, sur un terrain de 64 mètres, chacun doit trouver son espace et défendre sur un adversaire. Le sport reste cependant moins physique que son cousin. Cette souplesse permet d’adapter les oppositions aux niveaux de chacun. « Le flag, c’est de 5 à 99 ans, sourit Max, on est surtout là pour s’amuser. » Avant les matchs, les séances passent souvent par des jeux simples, comme l’épervier ou le jeu du survivant. « On rigole au début et après, on peut se lancer dans l’entraînement. » Encore discret en France, le flag-football fera ses débuts olympiques à Los Angeles en 2028. Max Navaux veut profiter de cette dynamique pour faire découvrir la discipline, mais surtout pour lui donner une dimension sociale et hisser des valeurs de convivialité et d’esprit d’équipe.
Faire du handicap une force
À l’APEI Les Papillons Blancs, l’idée n’est pas de créer une équipe à part. « Je n’aime pas faire de la pub sur le handicap des gens », explique Max. Son objectif : une équipe ouverte à tous, avec une section adaptée lorsque c’est nécessaire. Les premiers essais ont déjà porté leurs fruits. L’équipe a notamment participé à la sixième édition du Dragon Bowl de Calais, les 11 et 12 juillet derniers face à des équipes valides. Au-delà des résultats, Max voit surtout dans le flag un moyen de responsabiliser. À terme, il veut que des personnes en situation de handicap puissent encadrer, organiser et transmettre le sport. « Ils sont assez forts pour se débrouiller tout seuls, il faut juste leur mettre un petit coup de confiance. » Adeline Bernard incarne cette ambition. Elle a découvert le flag il y a six mois et parle déjà « d’une vraie passion. » Elle doit suivre une formation de neuf mois au domaine de Luchin (qui abrite le siège du LOSC) pour obtenir ses diplômes de flag et devenir coach. « Elle a vraiment un esprit de leader, assure Max, moi, je suis juste l’instigateur. » À terme, il veut rester en soutien et laisser l’équipe prendre les commandes.