Dans le contexte des manifestations lycéennes et après l’ESPOL, c’est au tour de l’hôtel académique, bâtiment historique de l’université catholique de lille, d’être bloqué ce jeudi 15 octobre. Le blocus est organisé par des étudiants en soutien aux manifestants lycéens. Cette démonstration de solidarité intervient deux jours avant le 17 octobre où de grandes manifestations sont prévues dans tout le pays.
Tôt ce jeudi 15 octobre, des manifestants ont installé un blocus à l’aide de poubelles devant les entrées de l’hôtel académique, au 61 boulevard Vauban. C’est historique, en effet, c’est la première fois dans l’histoire de l’Université catholique de Lille que ce bâtiment est bloqué.
Les manifestants équipés de cagoules et de masques chirurgicaux nous expliquent être ici en soutien à la cause lycéenne : « On est privilégiés mais on ne ferme pas les yeux ». Mais ils ont aussi leurs propres revendications, certains dénoncent les conditions d’admission dans les universités via la plateforme Parcoursup et Mon Master, qu’ils jugent arbitraire et racistes. Les étudiants expriment leur volonté d’utiliser le symbole et la renommée de la Catho de Lille pour porter les revendications lycéennes et étudiantes.
« On ne parle plus que de ça : des tags, des menaces, des violences et on ne parle plus des revendications. »
Le blocus se déroule dans un contexte tendu pour les manifestants. La veille des militants de la Cocarde étudiante et de Génération Zemmour ont tenté de lever le blocus devant ESPOL, l’Ecole de science politique de l’université catholique de Lille, un manifestant aurait été roué de coups, une enquête a été ouverte par le parquet de Lille.
« On attend qu’il y ait une convergence des luttes entre les ouvriers, les travailleurs, les sans emploi, les étudiants, les sans fac, les sans masters …»
Des étudiants qui prennent part au blocus confient que c’est le dernier acte avant la journée du 17 octobre où de grandes manifestations sont prévues dans toute la France. Une journée à venir qu’un manifestant décrit comme la « deuxième révolution française » en souriant. Les violences policières sont évoquées à de nombreuses reprises. Une étudiante qui observe de loin le blocus nous confie qu’elle aurait souhaité manifester samedi mais qu’elle a trop peur.
« On n’a pas envie de faire quelque chose contre la catho. Nous, à la Catho, on est très bien, on n’a pas de revendications ; il faut qu’on se mette d’accord pour ne pas mettre en péril les autres étudiants. »
Devant la bibliothèque universitaire des étudiants, qui observent le blocus de loin nous expliquent être inquiets. Leurs examens de médecine, des examens nationaux, devaient se dérouler au sein de l’hôtel académique. Ils ont bien eu lieu à l’heure prévue, mais dans un autre bâtiment.
Peu après 15 heures, les manifestants ont mis fin au blocus et ont rangé les poubelles. Plusieurs bâtiments de la catho seront fermés le vendredi 16 octobre et les cours sont prévus en distanciel ou reportés. La bibliothèque universitaire a annoncé fermer ses portes jusqu’à samedi inclus.