Depuis près de deux ans, la vente d’or augmente de manière exceptionnelle. Les français seraient-ils en train de se ruer sur cet objet de convoitises ? Cette augmentation est constatée par de nombreux acheteurs lillois. Nous sommes partis enquêter pour savoir qui sont ces particuliers qui vendent leur précieux métal.
« Tout le monde le sait, il faut toujours garder de l’or de côté au cas où », lance une passante.
Bijoux de famille, vieille alliance ou collier de baptême, tout est bon pour se faire un peu d’argent. Ces derniers temps, les comptoirs de rachat d’or constatent une augmentation des ventes de particuliers. Plus de 25 % de ventes supplémentaires chez le Comptoir National de Vente d’Or cette année, 40 % chez Godot & Fils depuis les deux dernières années et jusqu’à 40 % d’augmentation en trois mois chez Or en Cash. Entre la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation du cours de l’or, le moment semble favorable pour vendre ses vieux bijoux. Mais derrière ces chiffres, les motivations sont loin d’être les mêmes.
De l’étudiante à la retraitée un peu coquette
« Au retour des vacances et avec la baisse du pouvoir d’achat, il y a pas mal de gens qui ont besoin d’argent. Certaines personnes viennent alors pour payer les factures », raconte Julien. Pour certains, vendre quelques bijoux permet donc de faire face aux dépenses du quotidien. Mais cette explication ne suffit pas à décrire tous les clients. « Il n’y a pas que des gens venus pour remplir leur frigo. Il y a des particuliers, habitués ou non, mais aussi des acheteurs d’or qui en font leur business », constate la gérante d’une autre boutique.

Les profils sont variés. Madeleine, retraitée, a vendu trois bagues de fiançailles pour 900 euros : « C’est la première fois que je vends de l’or. Sans ça, je n’aurais pas pu réparer ma voiture ». Annie, 70 ans, revend régulièrement ses bijoux pour refaire sa garde-robe. Et Céline, quant à elle, a vendu à contrecœur les bijoux de ses ancêtres : « Ils n’étaient pas à ma taille et j’ai peur de me faire cambrioler, alors j’ai décidé de tout vendre ». Et les plus âgés ne sont pas les seuls concernés. Chez Or en Cash, « les personnes qui viennent ont entre 18 et 85 ans », s’amuse Thomas. Il constate aussi la présence régulière de clients issus de la communauté maghrébine. « Ils viennent avec leur or afin d’investir dans des projets car l’emprunt est prohibé », explique-t-il.
Valentine a 21 ans. Etudiante, elle est venue vendre sa pièce de 20 francs et est repartie avec « 630 euros net. Ça va me permettre d’acheter un nouvel ordi ». L’or devient donc une manière de transformer rapidement un vieux bijoux en argent disponible. Pour certains, il sert à payer une dépense imprévue. Pour d’autres, il permet de financer un achat ou un projet. Mais face à cette hausse des ventes, encore faut-il savoir à qui confier ses bijoux.
Gare aux mauvaises surprises
Thomas, responsable régional d’Or en Cash, appelle à la vigilance. « Beaucoup de nouvelles boutiques, qui ne sont pas forcément certifiées, peuvent proposer des pratiques moins transparentes », explique-t-il.
Avant de vendre, mieux vaut donc savoir combien vaut réellement son or. Le cours est accessible sur internet et permet d’avoir un premier repère. L’expertise doit ensuite être réalisée devant le vendeur, du poids du bijou à sa teneur en or. Les prix proposés varient aussi d’une boutique à l’autre. Certains professionnels proposent un prix supérieur au cours de l’or, d’autres un prix inférieur. L’or est donc devenu aujourd’hui une nouvelle alternative financière mais attention à comparer les offres et se renseigner sur la boutique pour éviter une mauvaise surprise.