Plus

    Derniers articles

    4L Trophy : comment les par­ti­ci­pants trouvent leur bolide ?

    Chaque année, près de 2 500 personnes âgées de 18...

    Oskar Schindler, l’espion nazi devenu « Juste parmi les nations »

    Il y a tout juste cinquante ans, le 9...

    Manifestations spon­ta­nées dans le centre-​ville de Lille

    Une odeur de bombe lacrymogène traînait dans les rues...

    A Lille, le protoxyde d’azote ne fait pas rire les pro­fes­sion­nels de santé

    En 2022, le CHU de Lille tire la sonnette d’alarme sur l’augmentation de la consom­ma­tion du protoxyde d’azote pour un usage récréatif. En trois ans, le nombre d’intoxications a triplé à Lille. En 2020, le CHU avait traité 11 cas d’intoxications au protoxyde d’azote, puis 44 l’année suivante et 130 en 2022. 

    C’est quoi le protoxyde d’azote, ce gaz dont on parle tant ? En fait, il s’agit d’un gaz utilisé en pâtis­se­rie pour la chantilly ou en médecine pour anes­thé­sier les patients. Si ce gaz surnommé « proto » ou gaz hilarant est à la mode, c’est parce qu’il est légal et pas cher. Bien qu’il soit considéré comme une drogue, son achat est légal. Mais le protoxyde d’azote dispose d’un important potentiel addictif.

    « Le protoxyde d’azote provoque des sen­sa­tions de plaisir un peu comme lors d’un état d’ébriété. Il peut y avoir aussi une dis­tor­sion sen­so­rielle. On peut voir des couleurs qui ne sont pas là. », explique le Dr Scliffet, psychiatre-​addictologue. Les effets du protoxyde d’azote sont tem­po­raires et dis­pa­raissent rapi­de­ment. Ils durent entre quelques dizaines de secondes et une trentaine de minutes. Le protoxyde d’azote génère aussi des fous rires incon­trô­lables car, une fois inhalé, il prend la place de l’oxygène dans la cir­cu­la­tion sanguine. Pendant la consom­ma­tion, le sang manque donc d’oxygène. Considéré par les consom­ma­teurs comme moins dangereux que les autres drogues, ce gaz peut pourtant avoir de graves consé­quences sur la santé.

    Des consé­quences irréversibles ?

    L’impact du protoxyde d’azote est encore méconnu. Les pro­fes­sion­nels de santé ignorent notamment si les consé­quences sur les consom­ma­teurs sont irré­ver­sibles. Mais à long terme, les consom­ma­teurs risquent de déve­lop­per une carence en vitamine B12. Cette vitamine est essen­tielle pour les nerfs et les neurones. La carence impacte notamment la moelle épinière. Elle peut engendrer de l’anémie et des troubles neu­ro­lo­giques (four­mille­ments, engour­dis­se­ments, dif­fi­culté à marcher…).

    « On peut déve­lop­per une carence en vitamine B12 avec une consom­ma­tion unique. », ajoute le Dr Scliffet. Ce n’est pas tout, la consom­ma­tion de protoxyde d’azote provoque aussi des troubles moteurs. Ce gaz à l’air inof­fen­sif peut même faire perdre aux consom­ma­teurs leur capacité à marcher. Avant de ne plus pouvoir marcher, les uti­li­sa­teurs réguliers res­sentent tout d’abord une désen­si­bi­li­sa­tion pro­gres­sive de leurs extrémités.

    La pré­ven­tion comme solution

    Si dès 2021, la vente de car­touches de protoxyde d’azote a été interdite aux mineurs qui comptent parmi les plus gros consom­ma­teurs, juri­di­que­ment l’encadrement s’avère laborieux. « C’est un gaz qu’on ne peut pas interdire. On l’utilise à des fins médicales pour l’anesthésie. Il devrait y avoir une loi pour réduire l’achat des majeurs à 10 car­touches. Mais avec internet c’est difficile à sur­veiller. Beaucoup de jeunes se four­nissent via Snapchat. On trouve même des packa­gings liés à l’usage récréatif. »

    Pour lutter contre ce phénomène, les pro­fes­sion­nels de santé misent sur la pré­ven­tion. Leur recom­man­da­tion prin­ci­pale : plus de com­mu­ni­ca­tion sur la dan­ge­ro­sité du protoxyde d’azote. Les personnes qui souffrent d’une addiction peuvent d’ailleurs suivre une thérapie ou avoir recours à des services d’aide anonymes et gratuits qui luttent contre les addic­tions. En dehors du CHU, plusieurs asso­cia­tions proposent leur aide aux consom­ma­teurs : Cedragir, Actions Addictions, les CSAPA du CHR de Lille et toutes celles de la métropole lilloise.

    Brevet des collèges, le dernier de la classe

    L’obtention du brevet en classe de troisième ne sera...

    Contrepoint n°36

    Cinq ans plus tard, les souvenirs du premier confi­ne­ment restent dans les esprits

    Cinq ans après le début de la crise sanitaire et du confinement lié au covid-19, les étudiants se rappellent encore de cette époque qui...

    Brevet des collèges, le dernier de la classe

    L’obtention du brevet en classe de troisième ne sera finalement pas obligatoire pour passer en seconde, a annoncé le ministère de l’Éducation ce vendredi...

    Deux tiers des eaux de surface sont polluées d’après l’agence euro­péenne de l’environnement

    Alors que 37 % des eaux de surface sont en bonne santé écologique, l’agence européenne de l'environnement tire ce mardi la sonnette d’alarme pour une...