Le 6 février dernier marquait le coup d’envoi des « Journées mondiales sans téléphone portable ». Un défi annuel qui, loin d’être anedoctique, nous invite à questionner notre rapport fusionnel avec cet outil devenu le prolongement de notre main.
Imaginez une journée sans notifications, sans « scroll » infini sur les réseaux sociaux et sans la panique de voir sa batterie descendre sous les 10%. C’est le défi lancé chaque année le 6 février, date symbolique de la Saint-Gaston (un clin d’oeil au célèbre tube de Nino Ferrer, Le Téléfon).
La « nomophobie » : le mal du siècle ?
Cette journée met en lumière un phénomène psychologique bien réel : la nomophobie (contraction de no mobile phone phobie). C’est cette angoisse irrationnelle d’être séparé de son téléphone ou de ne pas pouvoir l’utiliser.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Nous consultons notre smartphone en moyenne 200 fois par jour.
- Une grande partie des utilisateurs dorment avec leur téléphone à portée de main (ou sous l’oreiller).
- L’impact sur la concentration, le sommeil et la qualité des relations sociales « en présentiel » est de plus en plus documenté par les neurosciences.
Océane, étudiante en PASS, admet passer ses journées sur son portable : « Dès le matin je vais sur X, insta, tiktok. Je regarde ce que j’ai loupé pendant la nuit. Le problème c’est que je passe trop de temps dessus et j’ai l’impression de gâcher mes journées », avoue-t-elle.
Une initiative française devenue mondiale
Lancée en 2001 par l’écrivain français Phil Marso, cette initiative a bien grandi. A l’époque, le téléphone portable servait principalement à… téléphoner. Vingt-cinq ans plus tard, c’est un ordinateur de poche, un appareil photo, une banque et une console de jeu.
L’objectif initial n’a jamais été de bannir la technologie ou de prôner un retour à l’âge de pierre. L’idée est de susciter un débat citoyen sur les enjeux de la santé, de la sécurité et de comportement social liés à l’hyperconnexion.
Bien que la date fixée soit le 6 février, l’événement s’étale désormais souvent sur trois jours (les 6,7 et 8 février) pour permettre à chacun de tenter l’expérience, que ce soit au travail ou durant le week-end. C’est le défi que s’est lancé Maxime, étudiant en information et communication : « J’avoue que je ne connaissais pas ce jour jusqu’à cette année en voyant des articles, j’ai tenté l’expérience ce dimanche. J’ai quand même utilisé mon portable mais moins que d’ordinaire » déclare-t-il.
Comment réussir sa « digital detox » ?
Si vous avez manqué le coche, il n’est pas jamais trop tard pour adopter de meilleures habitudes. Voici quelques pistes pour réduire sa dépendance au quotidien :
- Achetez un réveil : bannissez le téléphone de la chambre à coucher pour préserver votre sommeil et éviter de scroller dès le réveil.
- La règle du « pas de téléphone à table » : redonnez de la valeur aux discussions lors des repas.
- Désactivez les notifications non essentielles : gardez les appels et SMS, mais coupez les alertes des réseaux sociaux et des jeux.
- Redécouvrez l’ennui : attendre le bus ou faire la queue sans regarder son écran permet de laisser vagabonder son esprit, ce qui est essentiel pour la créativité.
La journée mondiale sans téléphone portable est un rappel nécessaire. L’outil est formidable, mais il doit rester un serviteur et non devenir un maître. Si vous lisez cet article sur votre smartphone, c’est peut-être le moment idéal pour le verrouiller, le poser, et regarder ce qui se passe autour de vous. Le monde réel a aussi de belles choses à offrir, et elles sont en haute définition !