Le président de la République s’est rendu ce mardi matin sur le site d’ArcelorMittal de Mardyck, près de Dunkerque. Une visite consacrée à la décarbonation de la sidérurgie, marquée par l’annonce officielle de la construction du plus grand four électrique d’Europe sur le site dunkerquois.
Emmanuel Macron était à Dunkerque ce matin, sur le site ArcelorMittal de Mardyck, dans un contexte industriel sensible, à la croisée des enjeux climatiques et des inquiétudes sociales autour de l’avenir de la sidérurgie. En présence du chef de l’État, la direction du groupe a confirmé un investissement majeur pour transformer le site.
Un investissement clé pour réduire les émissions
Le sidérurgiste a officialisé la construction d’un premier four électrique à Dunkerque, destiné à remplacer l’un des deux hauts fourneaux. Cette technologie permettra de produire de l’acier sans recourir au charbon, réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre. Ce four représente un investissement de 13 milliards d’euros. Sa mise en service est prévue à l’horizon 2029. Les sites ArcelorMittal de Dunkerque occupent une place centrale dans la sidérurgie française et figurent parmi les installations industrielles les plus émettrices de CO2. La décarbonation du site est donc un enjeu stratégique, à la fois industriel et environnemental.
Des interrogations persistantes sur l’emploi
Si l’investissement est présenté comme une étape importante, il continue de susciter des réserves du côtés des organisations syndicales. La CFDT a boycotté la visite présidentielle, dénonçant un projet jugé tardif et inférieur aux engagements initiaux. La CGT s’inquiète elle, de la capacité de cet investissement à garantir la compétitivité du site, dans un contexte de crise de l’acier en Europe. Parallèlement, ArcelorMittal fait face à des tensions sociales avec des suppressions de postes envisagées sur plusieurs sites du groupe.
Un dossier à forte portée politique
Ces derniers mois, l’avenir d’ArcelorMittal en France a pris une dimension politique. Une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises du groupe a été adoptée à l’Assemblée nationale et doit encore être examinée au Sénat. À Dunkerque, la visite d’Emmanuel Macron se voulait être un signal fort de l’engagement de l’État en faveur de l’industrie et de la transition écologique, dans un contexte de concurrence internationale accrue.