Entre nostalgie des années 1990 et investissements bien calculés, les cartes à collectionner séduisent toutes les générations. À Lille, les boutiques spécialisées se multiplient, portées par un engouement qui ne faiblit pas. Derrière les vitrines colorées, une véritable communauté s’organise.
« C’est incroyable tous ces magasins qui ouvrent ! » David, 35 ans, n’en revient toujours pas. Lui qui a grandi avec les cartes Pokémon dans la cour de récréation voit aujourd’hui sa passion d’enfance devenir un véritable phénomène économique. En quelques années, plusieurs enseignes spécialisées se sont installées dans le centre-ville et les quartiers environnants. On y trouve des cartes Pokémon, Yu-Gi-Oh!, Topps ou encore des éditions limitées prisées par les collectionneurs. Pour David, cette effervescence est à la fois réjouissante et surprenante, « Avant, on devait commander sur Internet ou se déplacer à Paris. Maintenant, tout est à portée de main. » Il fréquente ces boutiques plusieurs fois par mois, autant pour acheter que pour échanger avec d’autres passionnés.
Une nouvelle génération de collectionneurs
Si les trentenaires nourrissent la vague nostalgique, les plus jeunes participent aussi activement à ce regain d’intérêt. Thomas, 21 ans, étudiant, collectionne avant tout, par passion pour le basket. Grand fan de NBA, il suit les matches en pleine nuit et connaît les statistiques de ses joueurs préférés par cœur. « Je n’ai pas encore eu la chance d’aller aux États-Unis voir un match de NBA en vrai, alors les cartes, c’est une façon de me rapprocher de cet univers », confie-t-il. Pour lui, dénicher une carte rare ou dédicacée d’une star du championnat américain a une valeur presque sentimentale. « Quand j’ai une carte autographiée entre les mains, j’ai l’impression de toucher un petit bout de mon rêve. »
Les commerçants ont bien compris la dimension que cela engendre. Tournois hebdomadaires, soirées d’échange, avant-premières d’extensions… Les magasins ne sont plus de simples points de vente. Ce sont des lieux de rendez-vous. Cette dynamique attire un public varié, des enfants accompagnés de leurs parents aux investisseurs à la recherche de pièces rares. Selon plusieurs vendeurs, certaines cartes peuvent atteindre plusieurs centaines, voire milliers d’euros, en fonction de leur rareté et de leur état de conservation.
Au-delà de la spéculation, c’est surtout la dimension affective qui revient dans les discours. David parle de « madeleine de Proust », Thomas d’un « univers vivant qui évolue en permanence ». L’implantation croissante de magasins spécialisés témoigne d’un marché solide, mais aussi d’un besoin de lien social autour d’une passion commune. Dans une époque largement dominée par le numérique, ces petits rectangles cartonnés prouvent que le goût de la collection et du contact humain reste intact.