La flamme s’est éteinte dans les arènes de Vérone. Quelques minutes plus tôt la France recevait le drapeau olympique au terme des Jeux olympiques d’hiver de 2026. Dans un peu plus de 1 400 jours, il flottera au-dessus des Alpes françaises. Sur le papier, le rendez-vous est fixé. Sur le terrain, tout reste à stabiliser.
À quatre ans de l’échéance des JO d’hiver 2030, le comité d’organisation traverse une zone de turbulences. Après des « désaccords insurmontables », le directeur général Cyril Linette est sur le départ. Ces derniers mois, la directrice des opérations et le directeur de la communication ont également quitté leurs fonctions. Même le président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut, a démissionné. Le Comité international olympique a rappelé que « le temps est compté et que plusieurs décisions structurantes doivent encore être prises. » La carte définitive des sites n’est pas totalement validée et la gouvernance doit être clarifiée.
Des Jeux répartis dans les Alpes
Le projet français repose sur des sites déjà existants, répartis entre les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’azur. La cérémonie d’ouverture est envisagée à Nice. Les épreuves de neige devraient se tenir dans différentes stations alpines, tandis que les sports de glace seraient organisés sur la Côte d’Azur. À Alberville, où le drapeau a été présenté au retour des médaillés, le souvenir des Jeux de 1992 reste vif. Mais cette fois, la promesse est celle de Jeux plus sobres, avec un recours limité aux nouvelles infrastructures.
Un enthousiasme qui se mêle à l’incertitude
À La Clusaz, en Haute-Savoie, Françoise, habitante de la station, se réjouit à l’idée d’accueillir des épreuves. « Ce serait une vraie vitrine pour nous. » Mais elle admet aussi rester « dans le flou » et ne pas savoir précisément ce que cela implique : quels aménagements, quels conséquences sur la circulation et la vie de la station, quel calendrier ?
À Lille, la distance géographique change le regard. « C’est une fierté que les Jeux reviennent en France, surtout après le succès des JO de Paris », confie Hugo, étudiant. D’autres se montrent plus prudents sur les coûts et les priorités nationales. Le compte à rebours est lancé. Les Jeux olympiques d’hiver de 2030 devront rassurer sur leur organisation autant que séduire par leur projet sportif.