À Attiches, les cloches ne sonnent plus depuis longtemps. Silencieux, fragilisé par les années et les intempéries, le clocher de l’église Sainte-Élisabeth d’Attiches menace aujourd’hui l’équilibre d’un édifice emblématique du village. Face à l’urgence, la commune lance un vaste chantier de restauration, avec une priorité claire : sauver son clocher.
De loin, la silhouette de Sainte-Élisabeth semble immuable. Construite en 1783 sur un site dont les origines remonteraient au XIVe siècle, l’église fait partie du paysage attichois depuis des générations. Mais à y regarder de plus près, les stigmates du temps sont visibles.
La toiture s’est fortement abîmée, les murs extérieurs se fissurent, des vitraux se sont brisés… À l’intérieur, des plaques de plâtre tombent encore, rendant la tenue des offices difficile et parfois dangereuse. « Il y a trois ans, on a dû réparer l’intérieur, et les réparations du clocher datent d’il y a dix ans », explique Paule Demessine, première adjointe au maire. Des interventions nécessaires, mais insuffisantes face à l’ampleur des désordres.

Le clocher, priorité absolue
Aujourd’hui, le montant total des travaux est estimé à 1,7 million d’euros. Une somme considérable pour la commune, qui a choisi de prioriser le plus urgent : le clocher. « C’est lui qui a souffert le plus et qui doit vraiment être restauré », insiste Paule Demessine.
Et pour cause : la couverture en ardoises est aujourd’hui défectueuse. La charpente, très dégradée, fragilise l’ensemble de la structure. Il devient alors impératif de consolider le beffroi en bois qui soutient les cloches et de remettre l’édifice hors d’eau. Cette première tranche de travaux est estimée à 257 000 euros.
Une collecte pour sauver le clocher
Pour financer cette phase essentielle, une collecte de fonds a été lancée. Objectif : réunir 50 000 euros pour contribuer à la rénovation du clocher. Pour atteindre cette somme, la municipalité s’engage. « On a l’intention de faire un concert dans l’église, avec le soutien de l’association Sainte-Élisabeth Notre Patrimoine », annonce Sabine Verriest, conseillère municipale. Un événement fait pour impliquer directement les habitants.
Car ici, à Attiches, l’Église Sainte-Élisabeth n’est pas qu’un ancien bâtiment. Elle est le décor des grandes étapes d’une vie : nombre d’Attichois y ont vu des baptêmes, des mariages et des sépultures s’y tenir. Ils soutiennent aujourd’hui le projet, convaincus qu’au-delà des pierres et du clocher, c’est une mémoire collective et un patrimoine qu’il faut préserver. Solange Dupire, habitante du village depuis plus de cinquante ans, résume cet attachement avec simplicité : « On a besoin de notre église, elle est importante. On aimerait qu’elle reste belle quand même. »
Une église ouverte à tous
Au-delà des travaux, le projet porte une ambition plus large : faire de Sainte-Élisabeth une église ouverte. « L’idée est d’avoir une église ouverte tous les jours, avec des horaires larges pour que tout le monde puisse profiter de notre patrimoine », détaille Sabine Verriest. Expositions, conférences, concerts… L’édifice pourrait redevenir un lieu de vie, de culture et de rassemblement. À Attiches, les cloches se sont tues avec le temps et l’usure. Mais la mobilisation s’organise, pierre après pierre, euro après euro.
Et peut-être que bientôt, les cloches retentiront à nouveau.