Applications de rencontre : les jeunes de moins en moins séduits ?

Tinder, Hinge, Bumble… Les appli­ca­tions de rencontre se sont imposées comme la promesse de relations faciles, séduisant d’abord les 18 – 24 ans. Mais depuis quelques années, une partie de cette géné­ra­tion semble peu à peu s’en lasser.

Créer son profil, sélec­tion­ner la photo idéale, enchaîner les swipes puis décrocher un match : telle est la routine devenue banale sur les appli­ca­tions de rencontre. À l’ap­proche de la Saint-​Valentin, pourtant, leur attrait s’es­souffle chez les plus jeunes, leurs prin­ci­pales cibles. Véritable révo­lu­tion des années 2000, ces pla­te­formes ont trans­formé les codes de la séduction en un jeu acces­sible à portée de smartphone.

Après un boom post-​Covid, l’utilisation de ces pla­te­formes a pourtant commencé à s’essouffler : Tinder, géant américain du dating, a ainsi vu son nombre d’utilisateurs actifs d’abord plafonner, puis reculer dans plusieurs pays, au point de perdre au moins un tiers de sa base depuis 2020. Une chute qui se lit aussi en Bourse, où la valeur du groupe a diminué d’environ 84 % en trois ans, selon BFMTV.

Trop de profils, pas assez de rencontres

Ce dés­in­té­rêt s’explique par plusieurs facteurs : la super­fi­cia­lité des échanges, le caractère éphémère des relations, ou encore le har­cè­le­ment en ligne, par­ti­cu­liè­re­ment ressenti chez les femmes. Selon le rapport Swipstats, les hommes repré­sentent 67 % des profils contre seulement 33 % d’u­ti­li­sa­trices. Un dés­équi­libre qui alimente la lassitude. Julia, 26 ans, n’a pas insisté après une unique soirée d’essais : « Je suis une roman­tique. Envoyer un message, ça casse le lien humain, surtout quand on sait que le mec a envoyé le même à dix autres filles. On a l’impression d’être une parmi tant d’autres. »

Pour Hélène Bétems, doc­to­rante en psy­cho­lo­gie, le fonc­tion­ne­ment même de ces appli­ca­tions entre­tient une spirale faus­se­ment valo­ri­sante : « Le site de ren­contres va contri­buer à améliorer d’une certaine manière l’estime de soi grâce au phénomène de likes, et là on est dans le côté nar­cis­sique de notre société aujourd’hui. Plus on va avoir de likes, mieux on va se sentir (…) On cherche un par­te­naire idéal qui n’existe pas, alors on continue de swiper, toujours dans l’illusion de trouver mieux. »

Lassés par cette fatigue numérique, beaucoup de jeunes redé­couvrent ainsi le charme des ren­contres « réelles » : bars, festivals, soirées entre amis reprennent leur rôle d’espaces de séduction. Une tendance qui signe peut-​être la fin d’une ère celle du dating express.

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