Alors que la place du sport se réduit encore à l’école, les clubs de sport restent accessibles pour les jeunes et les moins jeunes. Il suffit juste de savoir où chercher. Aujourd’hui, Contrepoint vous emmène découvrir une salle d’armes au centre du quartier de Wazemmes, dans la crypte de l’église Saint-Pierre Saint-Paul.
Dimanche, 15 heures, alors que nous nous baladons au marché de Wazemmes, une petite pancarte sur l’église Saint-Pierre Saint-Paul attire notre regard. Il y est écrit « Crypte Saint-Pierre Saint-Paul – Salle d’Armes ». En interrogeant les habitants autour des Halles, nous ne sommes pas les seuls à ne pas connaître cet endroit. Si certains passants connaissent la salle depuis plusieurs années, d’autres sont moins au courant. Sylvie, retraitée, nous confie ne pas savoir que l’on peut faire de l’escrime dans la crypte alors qu’elle habite le quartier depuis 18 ans…
Un environnement unique
Nous sommes entrés dans cette salle d’arme pour voir d’un peu plus près ce qu’il s’y passe. C’est alors que l’on découvre une magnifique salle entièrement voûtée, faite de briques rouges typiques de la région. Entre les arches, les pistes d’escrime s’étendent au sol et le bruit des lames résonne entre les murs. A la lumière des néons, les escrimeurs, tout de blanc vêtus, sont en plein exercice, alternant fentes et parades face à leur maître d’armes. Alexis Misery, 49 ans, maître d’armes au club de Lille Vauban depuis 2001, apprécie ce cadre de travail atypique : « On a l’une des sinon la plus belle salle d’arme de France. Elle est très particulière avec un énorme avantage qui est la température. Elle reste constante toute l’année, autour d’une vingtaine de degrés, donc c’est l’idéal pour pratiquer. »

Un cadre idéal donc, selon le responsable du fleuret du club, qui plaît aussi aux licenciés. C’est le cas d’Edmond, 13 ans qui s’entraîne alors que nous arpentons la salle d’armes. « Moi ça fait neuf ans que je fais de l’escrime ici et c’est vraiment un cadre super beau. J’ai découvert la salle grâce au LUC (le premier club omnisport de la région Hauts-de-France, ndlr) et c’est beaucoup plus agréable que les gymnases tout ternes que je vois quand je fais des compétitions vers Roubaix par exemple. »
Le jeune adolescent résume tout en quelques mots : « C’est un lieu très spécial quand même. »
Un nombre d’adhérent en augmentation
Si la salle paraît cachée de l’extérieur, le club connaît, lui, une augmentation constante de son nombre de licenciés ce qui en fait l’une des plus grosses association sportives de la ville comme nous le confirme Alexis Misery : « Le club se développe énormément depuis 2020 puisque nous étions deux clubs qui ont fusionné et cela nous a donné beaucoup plus de visibilité. Cela se ressent sur le nombre de licenciés qui est supérieur à 450 aujourd’hui et qui a augmenté chaque année depuis la crise du Covid. » De quoi faire la fierté des responsables du club qui ont formé de nombreux talents de l’escrime en France : « Au fil des années, on a eu beaucoup de sélections internationales mais l’escrime reste un sport amateur donc c’est encore impossible de vivre de la compétition. »

Un club qui accueille autant les enfants qui veulent commencer l’escrime que les adolescents qui veulent en faire leur métier et qui sont parfois des espoirs de la discipline en France. Ici, on peut pratiquer l’escrime avec toutes les armes, épée, fleuret ou sabre, et il existe aussi une section handisport pour les personnes à mobilité réduite. Cette diversité fait la renommée du club qui affiche fièrement les trophées de ces licenciés sur les armoires des maîtres d’armes tout autour des pistes.
De quoi dynamiser le quartier de Wazemmes ?
Si le club gagne aujourd’hui en visibilité, il peine à mobiliser les habitants du quartier comme nous le confie le maître d’arme responsable du sabre Guillaume Aycard, 46 ans « Les gens commencent vraiment à savoir qu’il y a une salle d’armes et un club d’escrime mais ils ne savent pas trop ce qu’on fait. On n’a pas vraiment l’occasion d’organiser des actions dans le quartier donc les habitants viennent peu ici en vérité. »

Le club n’est pas encore assez gros et influent pour mobiliser les résidents du quartier de Wazemmes. Cependant, il garde ses adhérents une fois qu’ils ont franchi la porte de la crypte : « Pour en avoir parlé avec les pratiquants, la beauté de la salle et le coté cocon, coupé du monde, sont des facteurs pour lesquels les gens restent, donc c’est très agréable d’être ici. » Si vous trouvez que les enfants ne font pas assez de sport à l’école, vous connaissez maintenant un endroit où plaisir de faire du sport rime avec plaisir pour les yeux.