Plus

    Derniers articles

    L’Orchestre National de Lille offre des places gratuites pour les étudiants le 12 février

    Les 11 et 12 février, les virtuoses de l'Orchestre...

    Un chan­ge­ment cli­ma­tique tor­tion­naire pour l’ours polaire

    A l’occasion de la journée mondiale de l’ours polaire,...

    Péage : un ticket plus cher pour des Français toujours plus en colère

    Cette année encore, au 1er février 2025, la note...

    Mineurs victimes d’agressions : il est urgent de sortir du silence

    Les violences physiques, psy­cho­lo­giques et sexuelles faites aux enfants sont de plus en plus présentes dans l’actualité judi­ciaire, à travers des affaires média­ti­sées telles que les procès Le Scouarnec ou Bétharram. Les chiffres sont acca­blants : chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, selon la Ciivise. Pourtant, seulement 19 % des victimes portent plainte, et moins de 3 % des affaires débouchent sur une condam­na­tion. La majorité des victimes se tait au moment des faits, et 81 % des agres­seurs sont des proches, com­pli­quant davantage les dénon­cia­tions. Si le silence des victimes est un obstacle majeur, c’est bien la prise en compte de leur parole qui reste le véritable défi.

    « Tout le monde devrait savoir qu’aujourd’hui en France, toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle ». Ce constat alarmant, relayé par la Commission indé­pen­dante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), mobilise des pro­fes­sion­nels de terrain. Parmi eux, Angela Godart, psy­cho­logue installée dans le Dunkerquois depuis 2004. Après avoir exercé en pro­tec­tion mater­nelle et infantile (PMI), elle s’engage, dès 2016, dans la pro­tec­tion de l’enfance. « À Dunkerque, comme dans de nom­breuses régions de France, la pro­tec­tion de l’enfance est confron­tée à de grandes dif­fi­cul­tés : il y a un manque de moyens finan­ciers et matériels, on est vraiment dans la solitude complète face à l’indicible et à la souf­france », confie-​t-​elle. Face à ce constat, Angela Godart veut aller plus loin dans son action. Elle entre en contact avec Arnaud Gallais, défenseur des droits de l’enfant, ancien membre de la Ciivise, cofon­da­teur de l’association Mouv’Enfants, avec laquelle il crée la caravane de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants, qui voyage à travers la France pour sensibiliser.

    La caravane des enfants : un espace d’échange

    Angela Godart suit la caravane dans plusieurs villes, d’Orléans à Clermont-​Ferrand, en passant par Dunkerque, où plus de 210 personnes ont participé aux ren­contres. Le principe de la caravane repose sur un débat inversé : il s’agit avant tout de donner la parole aux citoyens et aux pro­fes­sion­nels pour com­prendre ce qui existe sur le ter­ri­toire et renforcer les liens entre les acteurs de la pro­tec­tion de l’enfance. Pour la pro­fes­sion­nelle, il est crucial de briser le silence et de replacer l’enfant au centre des pré­oc­cu­pa­tions socié­tales : « L’enfant n’est pas assez considéré dans la société, et un déni massif persiste sur les consé­quences des violences subies », explique-​t-​elle. « Quel que soit le milieu social, beaucoup d’adultes – y compris des médecins – ne font pas le lien entre les mal­trai­tances subies dans l’enfance et les troubles à l’âge adulte. »

    Former, sen­si­bi­li­ser et protéger

    Pour Angela Godart, la pré­ven­tion et la formation sont des enjeux cruciaux pour lutter contre les violences faites aux mineurs. Selon elle, il est essentiel de sen­si­bi­li­ser les adultes enca­drants, notamment les ensei­gnants et les pro­fes­sion­nels, aux violences subies par les enfants, à la vie affective et sexuelle, ainsi qu’à la notion de consen­te­ment. L’éducation pré­ven­tive est d’ailleurs au cœur des actions menées par l’association Enfance et Partage, qui lutte contre toute forme de violence faite aux enfants depuis plus de 40 ans. L’association dispose de 19 comités locaux répartis sur le ter­ri­toire français. Elle gère deux numéros verts nationaux : « Stop mal­trai­tance » et « Allô parent bébé ». Les bénévoles de l’association sont formés par des psy­cho­logues et des juristes pour apporter leur aide. Ils reçoivent de nombreux appels, prin­ci­pa­le­ment de la part des familles (plus rarement des enfants eux-​mêmes). En plus du centre d’appel, l’association propose aux écoles des ateliers de pré­ven­tion pour les enfants. Marie-​Line Bouve, bénévole de l’association, explique : « Quand on va dans les classes, le but est de leur faire prendre conscience qu’il faut parler. Cela peut se faire à travers dif­fé­rents supports, on leur fait faire des dessins, etc. Quand c’est néces­saire, on peut les voir à part et discuter avec eux en douceur. Souvent, ils nous racontent des choses. Il faut savoir qu’un enfant sur dix dans les classes est victime de violence ou de mal­trai­tance. » Au-​delà de la sen­si­bi­li­sa­tion, Angela Godart insiste sur l’importance d’éduquer les enfants à recon­naître les dif­fé­rentes formes de mal­trai­tance, à nommer les parties de leur corps et à savoir qu’ils peuvent appeler le 119 en cas de danger. Ce numéro national d’urgence, gratuit et confi­den­tiel, permet de signaler des violences sexuelles. De plus, la détection des signaux d’alerte est pri­mor­diale : « Les enfants ne s’expriment pas toujours avec des mots, mais leur corps parle : douleurs inex­pli­quées, troubles du com­por­te­ment, phobies, com­por­te­ments inadaptés », précise-​t-​elle. Dès les premiers signes, il est crucial d’envisager une prise en charge thé­ra­peu­tique. « L’urgence est là. Les pro­fes­sion­nels doivent se former, s’informer et mutua­li­ser leurs com­pé­tences pour mieux protéger les enfants », conclut-elle.

    La caravane Mouv’Enfants a pour objectif principal de sen­si­bi­li­ser aux violences intra­fa­mi­liales et de pro­mou­voir les recom­man­da­tions issues du rapport de la CIIVISE. ©DR

    L’affaire Joël Le Scouarnec

    L’affaire Joël Le Scouarnec, un ancien chi­rur­gien de 74 ans, est jugée depuis le 24 février 2025 à Vannes. Il est accusé de 300 viols et agres­sions sexuelles, prin­ci­pa­le­ment sur des mineures. Cette affaire est l’une des plus impor­tantes en matière de pédo­cri­mi­na­lité en France. Joël Le Scouarnec a exercé dans plusieurs hôpitaux, notamment en Charente-​Maritime, dans le Morbihan et en Loire-​Atlantique. En 2005, il a été condamné pour détention d’images pédo­por­no­gra­phiques, mais a continué à exercer sans res­tric­tion. En 2017, une plainte a révélé des centaines d’agressions sexuelles docu­men­tées dans ses « carnets noirs ». En 2020, il a été condamné à 15 ans pour des faits sur quatre mineures. Le procès en cours est prévu pour durer quatre mois. Il implique 299 victimes et 63 avocats.

    Brevet des collèges, le dernier de la classe

    L’obtention du brevet en classe de troisième ne sera...

    Contrepoint n°36

    Cinq ans plus tard, les souvenirs du premier confi­ne­ment restent dans les esprits

    Cinq ans après le début de la crise sanitaire et du confinement lié au covid-19, les étudiants se rappellent encore de cette époque qui...

    Brevet des collèges, le dernier de la classe

    L’obtention du brevet en classe de troisième ne sera finalement pas obligatoire pour passer en seconde, a annoncé le ministère de l’Éducation ce vendredi...

    Le service civique, un tremplin pour la jeunesse

    Lancé il y a 15 ans, le service civique attire de plus en plus de jeunes. Accessible aux 16-25 ans, et jusqu’à 30 ans...