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    27 janvier 1968 : La révo­lu­tion cultu­relle prend fin en Chine

    La révo­lu­tion cultu­relle, lancée par Mao Zedong en 1966 pour conso­li­der son pouvoir, a marqué bien des Chinois par sa violence et par l’endoctrinement imposé. 57 ans après les évè­ne­ments, Contrepoint revient sur cet événement tragique.

    La révo­lu­tion cultu­relle est mise en place par Mao à la suite de l’échec du Grand Bond en avant. Cette politique, menée par le parti com­mu­niste chinois entre 1958 et 1961, visait à faire rattraper à la Chine son retard éco­no­mique. Mais elle s’est fina­le­ment soldée par une famine, à l’origine de 18 à 23 millions de morts dans les campagnes. Beaucoup de Chinois, ou des membres de leurs familles, ont enduré cette famine. Des critiques s’élèvent donc contre Mao, qui décide donc, pour les faire taire, de lancer la révo­lu­tion cultu­relle. Autre but : purger le parti com­mu­niste de ses éléments « bourgeois et anti-​socialistes », ainsi que combattre les « quatre vieille­ries » (vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes et vieilles habitudes), autrement dit les éléments de la Chine traditionnelle.

    Le 16 mai 1966, une cir­cu­laire est publiée : elle donne un ensemble de direc­tives aux dif­fé­rents échelons du parti com­mu­niste, ce qui radi­ca­lise la révo­lu­tion. La garde rouge est également créée ce jour-​là : c’est un mouvement de masse constitué surtout d’étudiants et de lycéens. Cette garde est à l’origine de bien des exactions : per­sé­cu­tions, des­truc­tion de sculp­tures ou de temples pour éradiquer les valeurs tra­di­tion­nelles, ou encore exé­cu­tions publiques. Même la tombe de Confucius, phi­lo­sophe réputé en Chine, est attaquée en 1966 par les gardes rouges. Leur violence est telle que Mao finit par les dissoudre en 1967.

    Finalement, deux ans seulement après sa mise en place, Mao Zedong met fin à la révo­lu­tion cultu­relle ce fameux 27 janvier 1968. 17 millions de gardes rouges sont expédiés dans les campagnes et confiés à la mal­trai­tance des paysans ; beaucoup d’entre eux deviennent des opposants au maoïsme.

    Cette révo­lu­tion cultu­relle a tellement marqué les Chinois que le silence est fait sur cet évènement dans la Chine actuelle, même si la mémoire subsiste. Dans Le livre noir du com­mu­nisme, écrit par un ensemble d’universitaires et publié en 1997, afin de faire un bilan des victimes des régimes com­mu­nistes, la révo­lu­tion cultu­relle est décrite comme une « guerre civile, ouverte ou larvée ». Ce ne sont sûrement pas les victimes de cette période qui diront le contraire.

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