2900 ans après sa mort, Neha, la momie du Louvre, a enfin une identité

Lundi 23 septembre, à 18h, la momie Neha du musée du Louvre est arrivée à l’hôpital de Lens pour un examen assez spécial. Retour sur cette opération.

C’est une grande première pour le musée du Louvre : ce lundi, une de ses momies a passé un scanner à l’hôpital de Lens, afin d’aider les spé­cia­listes à en apprendre plus sur celle-ci.

Arrivée du centre de conser­va­tion de Liévin, qui garde plus de 13 momies du Louvre, elle a été accueillie par le service de radio­lo­gie lensois. Ici, l’égyptologue Hélène Guichard et le radio­logue spé­cia­liste des momies Samuel Merigeaud diri­geaient l’évènement, commandé par le dépar­te­ment des anti­qui­tés égyp­tiennes du Louvre.

Si cet examen a été demandé, c’est parce que la momie est spéciale : nommée Neha, comme ce qui apparaît sur le sar­co­phage, elle a vécu en 900 av. J.-C., ce qui fait qu’elle a 2 900 ans d’histoire. Apparemment, elle était scribe du temple d’Osiris durant sa vie.

La momie Neha, dans son sar­co­phage ©Collections du Louvre

Après quelque temps d’attente, les résultats du scanner arrivent : on découvre que la momie est un homme, âgé entre 30 et 40 ans au moment de sa mort. La famille du défunt a placé des bijoux sur le corps, pour l’accompagner dans l’au-delà : un collier avec des amulettes, une plaque pectorale, et un scarabée placé près du cœur. Si on se concentre sur l’intérieur de la momie, on voit que les viscères ont été enlevées puis remises dans le corps ; les Égyptiens faisaient cela afin d’assurer une meilleure conser­va­tion de la momie. Les os ont été gardés.

Ces décou­vertes sont très impor­tantes pour les spé­cia­listes, qui ont pu en apprendre plus sur l’identité de Neha. Le musée du Louvre va bientôt utiliser ce genre d’examens pour ses autres momies conser­vées à Liévin. Il faut savoir que ce n’est pas la première fois qu’une momie passe un scanner en France : le 6 septembre, la momie Séramon, du musée des Beaux-​Arts de Besançon, a passé le même examen. La tech­no­lo­gie moderne est donc d’une grande utilité pour l’Histoire : le passé et le présent se ren­contrent pour notre savoir. 

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