Les métiers de l’esthétique, entre bien-​être et autonomie

Depuis la pandémie, les métiers des soins des ongles ont pris une nouvelle dimension. Longtemps relégués au second plan, ils sont désormais perçus comme essen­tiels au bien-​être mental et social. Instagram, devenu un véritable tremplin, a contribué à cette évolution. Rencontre avec une pro­thé­siste ongulaire lilloise.

Le rôle social des métiers de l’esthétique

@lalipimptesnails

Avec les confi­ne­ments, la quête de bien-​être et de lien social a pris une ampleur nouvelle. Les soins esthé­tiques, notamment les manucures, sont devenus bien plus que des gestes de beauté. Ce sont des moments d’échange et de réconfort. Les salons, mais aussi les pres­ta­tions à domicile, ont permis de maintenir ce contact humain, crucial après des mois d’isolement. En 2019, le marché de l’on­gle­rie repré­sen­tait environ 15 % du secteur de l’es­thé­tique en France, avec une crois­sance annuelle moyenne de 9,5 % selon la Confédération Nationale Artisanale des Instituts de Beauté (CNAIB). Lali, pro­thé­siste ongulaire à Lille, (@lalipimptesnails sur Instagram) : « Je suis pas­sion­née par mon métier et c’est pour moi une manière d’exprimer ma créa­ti­vité, de créer des liens, découvrir de nouvelles per­son­na­li­tés. ». Instagram a joué un rôle clé dans la recon­nais­sance des pro­thé­sistes ongu­laires. Ces artistes du « nail art » partagent leur savoir-​faire et créent un lien avec leurs abonnés, trans­for­mant chaque manucure en un acte d’expression artis­tique. « N’ayant pas forcément confiance en mon travail au début, mon entourage m’a poussé à continuer et à publier des photos et des stories sur Instagram, je n’avais que des bon retours. C’est aussi grâce à cela que j’ai décidé de me lancer. »

A Lille, le nombre de « nails artists » a fortement augmenté, mais Lali ne voit pas cela comme de la concur­rence, au contraire cela « permet de « se répartir le travail », tout le monde a un style différent, une façon de faire qui peut changer, qui cor­res­pond à un type de clientèle bien précis. »

La pro­fes­sion­na­li­sa­tion du secteur

Les métiers de l’es­thé­tique, autrefois consi­dé­rés comme des jobs d’appoint, béné­fi­cient désormais d’une formation plus pro­fes­sion­nelle et d’une recon­nais­sance accrue. Lali affirme « garder un travail « ali­men­taire » à côté, tous les matins. Avec la micro-​entreprise et vie perso, je cumule pas mal de charges, ne tra­vaillant que l’après-midi et ayant des tarifs jugés « abor­dables » je ne peux pour l’instant pas en vivre à 100%. » Styliste ongulaire est aujourd’­hui une carrière valorisée, avec des standards de qualité de plus en plus exigeants. Cette évolution permet aux pro­fes­sion­nels d’asseoir leur légi­ti­mité et d’offrir des services hauts de gamme. Après la pandémie, les métiers de l’esthétique se sont imposés comme essen­tiels à la fois pour le bien-​être indi­vi­duel et pour le lien social.

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