Plus

    Derniers articles

    Contrôle numérique : jusqu’où la France peut réguler Internet ?

    Alors que la France veut interdire les réseaux sociaux...

    Van Assche aux anges, Blockx bon perdant : le tennis frappe fort à Lille

    Du 15 au 22 février, le tournoi de tennis...

    Alpes 2030 : l’organisation des JO d’hiver dans la tourmente 

    La flamme s’est éteinte dans les arènes de Vérone....

    Bébés reborn : quand le faux nour­ris­son devient un véritable commerce 

    Hyperréalistes, coûteux et omni­pré­sents sur les réseaux sociaux, les bébés reborn s’imposent, depuis 2025, chez de nom­breuses familles. Objet de luxe ou soutien thé­ra­peu­tique, la demande atteint un niveau presque inédit, créant quelques contro­verses.  

    Ils ont la peau souple, une nuque qui bascule en arrière comme celle d’un nour­ris­son, des cheveux implantés fil à fil, parfois même un souffle et des bat­te­ments de cœur. Les bébés « reborn » sont des poupées en silicone conçues pour imiter les vrais bébés avec un réalisme troublant. Apparues dans les années 1990 aux États-​Unis, ces créations arti­sa­nales se sont mon­dia­le­ment diffusées, gagnant en popu­la­rité.  

    Longtemps réservés pour le cinéma ou certaines thérapies, les bébés reborn connaissent aujourd’hui un tournant. Ces derniers mois marquent un pic de la demande, porté notamment par les réseaux sociaux. Sur TikTok, des milliers de vidéos montrent ces faux nour­ris­sons habillés, bercés ou promenés. Les réactions sont partagées entre moqueries, indi­gna­tion et com­pas­sion. Contactée sur son compte TikTok, Mathilde, 32 ans, possède deux poupées et explique : « Pour moi c’est comme un besoin, je n’ai pas la pos­si­bi­lité d’être mère alors m’occuper de ce bébé, qui ressemble en tout point à un vrai, me fait du bien et me récon­forte ». À l’inverse, Théo, 28 ans, qui voit ces vidéos appa­raître sur son feed, « comprends l’aspect thé­ra­peu­tique, mais certaines publi­ca­tions me mettent mal à l’aise. On voit des adultes se comporter au quotidien comme de vrais parents. C’est très troublant.»  

    Un marché qui fait polémique

    Autour des bébés reborn s’est construit un véritable commerce. Les prix varient fortement selon le degré de réalisme : de 200 euros pour les modèles les plus simples à plus de 22 000 euros pour les pièces les plus abouties. À cela s’ajoutent des acces­soires, vêtements et pous­settes. En France, le phénomène a pris une ampleur suf­fi­sante pour créer des situa­tions encore jamais vues. Des cabinets de pédiatrie rap­portent avoir vu des « parents » de bébés reborn réclamer des consul­ta­tions pour leurs poupées.

    Plus sur­pre­nant encore, une prétendue crèche dédiée exclu­si­ve­ment aux bébés reborn aurait ouvert dans le Nord, à Somain. En réalité, cet éta­blis­se­ment n’existe pas. Il s’agit d’une complète mise en scène, orches­trée par Thérèse Dune, connue pour ses « buzz » sur les réseaux sociaux. Les nom­breuses séquences postées sur son compte Tiktok détourne inten­tion­nel­le­ment les codes d’une crèche classique : lits à barreaux, tables à langer, jouets ou encore biberons. 

    Les tarifs évoqués, 9 euros de l’heure ou 65 euros la journée, font eux aussi partie de la super­che­rie. Face à l’ampleur des réactions et aux nom­breuses inter­ro­ga­tions, la mairie de Somain a été contrainte de préciser publi­que­ment que cet éta­blis­se­ment n’existait pas, après avoir été sol­li­ci­tée par des personnes cherchant à vérifier l’information. 

    Un usage thé­ra­peu­tique 

    Réduire les bébés reborn à une excen­tri­cité serait toutefois simpliste. Leur usage thé­ra­peu­tique est documenté. À Paris, le praticien géné­ra­liste, Dr Desroseaux, explique notamment que « dans certaines maisons de retraite ou struc­tures médicales, ces poupées sont utilisées auprès de personnes âgées, de parents qui ont tra­gi­que­ment perdu un enfant, de patients souffrant de troubles anxieux ou de dépres­sion chronique ». Le geste de bercer, d’habiller ou de nourrir procure une sensation de contact et de réconfort, par­ti­cu­liè­re­ment dans des contextes de grande solitude. 

    Ce bien-​être thé­ra­peu­tique justifie en partie l’adhésion de personnes dans le besoin et bien loin des cari­ca­tures véhi­cu­lées en ligne. Toutefois, le malaise apparaît lorsque l’objet n’est plus présenté comme un support, mais comme un substitut à la réalité. 

    Handball : l’USDK sort de la zone rouge

    Miracle le 21 février. L'US Dunkerque remporte enfin un...

    De Pau à Washington, quand le rugby fait vibrer les rues de Lille

    Samedi 21 et dimanche 22 février, le prix des...

    Contrepoint n°42

    The Legend of Zelda : pourquoi cette saga de Nintendo a révo­lu­tionné le monde du jeux vidéo ?

    En quarante ans, The Legend of Zelda n'a pas fait que marquer des générations : la saga a constamment redéfini les standards et bouleversé...

    Lille : le Nouvel An lunaire est de plus en plus populaire

    Lanternes, danses et spécialités asiatiques ont animé Lille pour le Nouvel An chinois. Déjà bien installé dans la métropole, cette fête a pris une...

    Menstruations et sport de haut niveau : les cham­pionnes lèvent le tabou

    Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina se sont achevés ce dimanche 22 février, après deux semaines de compétitions intenses. Une édition durant laquelle plusieurs...