Face à l’augmentation du prix de l’essence et du gazole, de plus en plus de Français font le choix de l’électrique. Entre aides de l’État et prix à la borne, de nombreux particuliers ont fait le calcul et ont décidé de laisser tomber leur ancien véhicule thermique.
En 2026, le « Coup de pouce véhicules particuliers électriques » propose une aide jusqu’à 7 700 € selon le modèle de voiture et le revenu des ménages. Le « Leasing social » permet aussi aux ménages les plus modestes de louer un véhicule électrique pendant au moins trois ans pour des loyers inférieurs à 200 €. Dans le Nord, les concessionnaires automobiles constatent une augmentation de la demande.
Un tournant depuis début 2026
« On voit une augmentation de la demande pour des voitures électriques de manière très claire depuis le début de l’année. On sent que l’électrique fait de moins en moins peur et que les gens se détournent de plus en plus du thermique », explique Diovanni, conseiller commercial dans la concession Stellantis de Lomme-Lambersart.
Pour Diovanni, l’explosion du prix de l’essence est l’un des facteurs principaux qui poussent les particuliers à franchir le cap. Les aides de l’État permettent aux consommateurs de se tourner vers l’électrique : « Le prix le plus bas de la Renault 5 e‑tech est 22 899 € donc jusqu’à 17 000 € avec les primes. C’est un prix élevé mais le faible prix de la recharge rend l’investissement rentable dans le temps. » Le taux de satisfaction des véhicules électriques est de 95 % aujourd’hui, selon un professionnel du secteur.
Pas de retour en arrière
Pour Marius, habitant de Lambersart, le passage à l’électrique n’a pas été naturel : « Je n’aurais pas fait ce choix moi-même, mais maintenant que mon entreprise s’est dotée de voitures électriques, jamais je ne reviendrai aux véhicules thermiques. Le changement peut faire peur, mais ce sont juste des habitudes à prendre et il y a très peu d’inconvénients. »
Pour les constructeurs eux-mêmes, la conjoncture actuelle dope les ventes de voitures électriques. La transition du secteur, amorcée depuis plusieurs années, se poursuit sous l’effet de la hausse des prix du pétrole due aux conflits au Moyen-Orient.
Un professionnel du secteur automobile français, spécialisé dans la vente de pièces auto, précise que la crise actuelle pourrait avoir un « effet de cliquet ». Pour le secteur, il serait donc impossible de revenir en arrière. « Entre 2025 et 2026, on observe une hausse de 6 % de nos ventes de moteurs électriques. L’année dernière, 30 % des ventes de véhicules neufs concernaient des véhicules électriques, les chiffres de juin sont de 40 à 45 % et les estimations de juillet et août tournent autour de 50 %. »
Selon ce professionnel, les constructeurs automobiles considèrent aujourd’hui l’électrique comme la seule véritable alternative aux véhicules thermiques malgré les craintes des consommateurs concernant l’autonomie ou le rechargement.