Dans la métropole lilloise, les fausses alertes à la bombe se multiplient

Depuis le tragique attentat au lycée d’Arras, les alertes à la bombe se mul­ti­plient dans la métropole lilloise. Établissements scolaires, mairies et aéroports sont ciblés par des fausses menaces ter­ro­ristes. Mardi 24 octobre, la mairie de quartier de Lille-​Centre a dû être évacuée.

Mardi matin, la mairie de quartier de Lille-​Centre a reçu un message inquié­tant, pré­sa­geant une attaque ter­ro­riste. Une fois l’alerte déclarée, la police muni­ci­pale ainsi que les pompiers sont arrivés pour sécuriser les lieux. « Le temps de la levée des doutes, les pompiers sont inter­ve­nus en soutien à la police » explique Nicolas Mougin, officier en charge des relations presse des sapeurs-​pompiers du Nord. Pendant l’intervention de la brigade de déminage, les employés de la mairie ont dû être évacués. Au square Morrison, les commerces alentour ont également été impactés. « Au début, je n’avais aucune infor­ma­tion, je com­men­çais à avoir peur et je ne savais pas quoi dire aux clients » raconte Camilla, récep­tion­niste au Best Western. L’hôtel, situé en face de la mairie a été contraint de fermer sa salle de res­tau­rant pendant quelques heures. D’autres bâtiments ont été obligés d’évacuer comme la Société Générale qui a fait sortir près d’une centaine d’employés. Jusqu’à midi, un périmètre de sécurité a été délimité dans le quartier, empêchant l’accès aux voitures.

Les mili­taires prêtent main forte au dis­po­si­tif de sur­veillance des lieux sensibles. ©Adélie Clouet d’Orval

« Ne pas tomber dans la psychose »

« Tous les jours, les pompiers sont appelés pour des menaces d’attentats » nous explique une source proche des secours. Depuis l’attentat qui a conduit au décès du pro­fes­seur Dominique Bernard, les faux signa­le­ments se mul­ti­plient en France. La métropole lilloise n’est pas épargnée par ce phénomène. Le 20 octobre, l’aéroport de Lesquin était ciblé par ces fausses alertes pour la troisième fois en trois jours. De nombreux lycées et collèges ont aussi été concernés. Le 19 octobre, au collège Raymond Devos d’Hem, un colis suspect a été retrouvé aux abords du site. Les cinq cent élèves ont été confinés à l’intérieur de l’établissement. Nicolas Mougin souligne l’importance de ne pas « tomber dans la psychose ». Il faut, selon lui rester vigilant face à une « dés­in­for­ma­tion très organisée ». En effet, il est très difficile de démasquer les auteurs de ces fausses alertes. « Ceux-​ci utilisent le plus souvent des mes­sa­ge­ries cryptées qui s’autodétruisent juste après l’envoi du message » regrette-t-il.

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