L’obtention du brevet en classe de troisième ne sera finalement pas obligatoire pour passer en seconde, a annoncé le ministère de l’Éducation ce vendredi 17 janvier. La ministre Elisabeth Borne est revenue sur cette mesure, et souhaite faire confiance aux professeurs et au conseil de classe. « Le passage du brevet reste une obligation mais l’obtention de celui-ci n’en est pas une. »
La sonnerie retentit à 12h05 au collège privé Saint-Paul, rue Solférino à Lille. Les élèves de sixième se bousculent précipitamment vers la sortie, tandis que les 3ème attendent leur tour derrière les grandes portes en bois sculpté, et discutent du dernier contrôle d’histoire. Une annonce qui soulage Simon et son groupe d’amis, tous en 3ème : « Ça nous rassure pas mal. On sait qu’il faut travailler, mais ça nous enlève une grosse pression. » Un soulagement partagé par Philomène, scolarisée dans le même établissement. « On a eu un brevet blanc, et en comparant avec une copine qui est dans le public, c’était beaucoup plus simple pour eux. Donc ça ne me fait pas trop peur, je pense que le brevet officiel sera bien plus facile. »
D’autre en revanche, ressentent tout de même un pression face aux attentes de leurs parents. « J’ai un grand frère qui a eu la mention très bien, donc j’ai la pression de devoir faire pareil. » précise Axelle, amie de Philomène.
Le brevet des collèges : une épreuve dépassée ?
Cette annonce suscite les débats également parmi les enseignants. Victor, ancien professeur de français au collège à Roncq, dénonce une « longue décadence » de cet examen, qui, selon lui, validait autrefois un palier important entre le collège et le lycée.
Jusqu’à présent, le brevet fonctionnait sur un système hybride, combinant moitié de notes issues du contrôle continu et moitié d’épreuves finales. Mais en réalité, « ce sont les conseils de classe qui valident le passage au lycée de chaque élève, et donc par conséquent, ce sont les parents », explique t’il. Selon lui, ce système ne favorise pas une orientation efficace, de nombreux élèves se retrouvant mal aiguillés.
« On essaie le plus possible d’envoyer les élèves en général », regrette-t-il, préférant un modèle nordique où les spécialisations interviendraient plus tôt. « On a peur de dire aux parents que leurs enfants n’ont pas le niveau, résultat, on en fait passer certains qui se retrouvent en grande difficulté par rapport au niveau exigé au lycée. »
Entre enseignants lassés et élèves en quête de repères, l’Éducation nationale peine encore à trouver un modèle réellement adapté. Au fil des réformes, il semblerait que ce n’est pas tant la nouveauté des mesures qui marque les esprits, mais leur difficulté à s’inscrire dans la durée.