Plusieurs centaines d’agents se sont mobilisés ce mardi 3 novembre au CHU de Lille contre une réforme du temps de travail prévue en janvier 2027. En cause : un nouveau logiciel qui pourrait réduire leurs repos compensateurs. Les syndicats dénoncent une remise en cause de leurs acquis sociaux.
La colère ne retombe pas au CHU de Lille. Musique, slogans et prises de parole ont rythmé cette nouvelle journée d’action, trois semaines après un premier rassemblement. Les agents ont une nouvelle fois affiché leur détermination à défendre les jours de repos acquis au fil des années. Au cœur du conflit : la mise à jour de Chronos V8 vers sa nouvelle version, Chronos V10.
Deux jours de repos en moins ?
Jusqu’à présent, les repos compensateurs sont notamment calculés en jours. Avec le nouveau logiciel, ils seraient comptabilisés en heures, sur la base du temps réellement effectué. Selon les syndicats, chaque agent pourrait ainsi perdre au moins deux jours de repos par an. À l’échelle du CHU, l’UNSA évoque jusqu’à 24 000 jours de repos concernés annuellement. « On travaille en 39 heures. Quand on a été recrutés, on avait 25 jours de congés annuels, 6 RTT et 17 jours de repos compensateurs », explique Alice, kinésithérapeute au CHU. « Ce sont ces repos compensateurs qu’ils essaient de diminuer. »
« On va travailler plus pour le même salaire »
Pour Elisabeth, cette réforme remet en cause les accords historiques négociés en 2002 et 2003. « La direction utilise le fait qu’elle doit changer de logiciel pour nous prendre des droits. Ça veut dire qu’on va devoir travailler plus pour le même salaire. » Les agents contestent également l’argument technique avancé par la direction. « Un logiciel, c’est un outil. C’est l’homme qui le paramètre, pas l’inverse ! », insiste-t-elle. Du côté de l’UNSA, Antony réclame le maintien du protocole RTT de 2002, considéré comme un acquis social important pour les personnels du CHU de Lille.
La direction défend une mise en conformité
De son côté, la direction du CHU défend cette mise à jour, rendue nécessaire selon elle par l’obsolescence de l’ancien logiciel. Elle assure également que le nouveau calcul des repos compensateurs répond à la réglementation en vigueur dans la fonction publique hospitalière.
L’établissement estime que le système actuel accorde parfois des repos pour des heures qui n’ont pas réellement été travaillées. Avec Chronos V10, la direction veut donc harmoniser les pratiques entre les agents. La direction affirme aussi avoir entendu certaines demandes des syndicats, notamment sur les journées de formation et les repos compensateurs.
Un bras de fer avant janvier 2027
Ces explications ne suffisent pas à apaiser les inquiétudes. Lors de la première journée d’action, trois semaines plus tôt, des agents avaient déjà pénétré dans les locaux du CHU et interrompu une réunion des directeurs. Mardi, ils ont de nouveau investi l’établissement pour faire entendre leurs revendications. Les discussions se poursuivent, tandis que la direction annonce de nouvelles rencontres avec les agents dans les services. L’arrivée d’un nouveau directeur général, attendue courant novembre, intervient dans ce contexte tendu.
À deux mois du déploiement prévu de Chronos V10, les syndicats espèrent encore faire évoluer le projet.