De Lille à Paris, pourquoi ces jeunes font le dépla­ce­ment pour voir le pape ?

Deux cents kilo­mètres pour quelques heures à Paris. Alors que Léon XIV sera en France du 25 au 28 septembre, des jeunes se préparent à faire le dépla­ce­ment depuis Lille. Un bus, une nuit en héber­ge­ment collectif, des ras­sem­ble­ments et des temps de prière pour certains. Pour voir le pape, ils auraient pourtant pu rester chez eux et suivre l’événement en direct. Mais ils ont choisi d’y être.

« La venue du pape, c’est un événement auquel on n’assistera peut-​être qu’une seule fois. Et le fait qu’il vienne à Paris, si près de chez nous, je ne pouvais pas passer à côté », raconte Charline, étudiante ren­con­trée à l’aumônerie de l’Université catho­lique de Lille. Vêpres à Notre-​Dame, veillée au Stade de France, déam­bu­la­tion dans Paris, puis messe : le programme de Léon XIV s’annonce dense. Vendredi 25 septembre, 80 000 jeunes de 17 à 35 ans sont attendus au Stade de France pour une grande veillée de prière. Les ins­crip­tions ont rapi­de­ment affiché complet, avec une liste d’attente ouverte par les orga­ni­sa­teurs. Pour ces jeunes venus de Lille, l’intérêt est justement de ne pas regarder l’événement derrière un écran. « Une messe à la télé ou une veillée, ça n’a rien à voir », estime Zélie, étudiante sage-​femme. Avec son amie Amélie, elle veut aussi profiter de ce rendez-​vous pour ren­con­trer d’autres jeunes. « Ce qui m’attire le plus, c’est la sensation d’être entourée d’amour et de joie partout où on sera », confie-​t-​elle.

Un voyage qui commence bien avant Paris

Pour ces jeunes, le dépla­ce­ment fait déjà partie de l’événement. Certains orga­nisent leur voyage entre amis ou en famille. D’autres passent par leur aumônerie ou leur diocèse, comme à Lille, ou des trans­ports col­lec­tifs en bus ou en train sont proposés. Henri, étudiant en com­mu­ni­ca­tion, a, lui, choisi le bus : « Je trouve ça beaucoup plus sympa de partir tous ensemble. Même le trajet fait partie de l’expérience : on peut discuter, ren­con­trer d’autres personnes et déjà se mettre dans l’ambiance. » Son programme ? Vendredi, départ de Lille, veillée au Stade de France, nuit à Paris, puis messe samedi après-​midi, avant le retour. Pour Henri, le week-​end s’annonce chargé et riche en émotions. À Arras aussi, la mobi­li­sa­tion est au rendez-​vous : une centaine de jeunes feront le dépla­ce­ment avec les trans­ports organisés par le diocèse. Et les ins­crip­tions ont été par­ti­cu­liè­re­ment rapides. « Les places indi­vi­duelles sont parties en vingt minutes le 10 août. On n’aurait jamais pu s’en douter », reconnaît le service com­mu­ni­ca­tion du diocèse. Le but de ces voyages col­lec­tifs ? Permettre aux jeunes de vivre l’événement ensemble, du départ jusqu’aux dif­fé­rents temps forts tout le long du week-​end. Un seul regret : ne pas avoir pu proposer davantage de places.

Ce que cette mobi­li­sa­tion dit des jeunes

Derrière ces kilo­mètres parcourus par ces jeunes, il y a aussi une volonté : montrer qu’ils sont là. « Réveiller un peu la jeunesse et les catho­liques en France, ça va toucher pas mal de personnes. C’est important qu’on montre qu’on est là et qu’on a envie de se bouger », affirme Zélie. Le contraste inter­pelle. Alors que la pratique reli­gieuse recule et que les jeunes sont souvent présentés comme de plus en plus éloignés des ins­ti­tu­tions reli­gieuses, eux prennent la route de Paris. Cette mobi­li­sa­tion ne doit pourtant pas faire oublier les dif­fi­cul­tés aux­quelles l’Église est confron­tée. Sa place dans la société est régu­liè­re­ment ques­tion­née et les affaires de violences sexuelles ont pro­fon­dé­ment marqué les fidèles. Dans ce contexte, difficile de parler, à partir de ce seul ras­sem­ble­ment, d’un retour général de la jeunesse vers la religion. Ce qui est visible, en revanche, c’est la mobi­li­sa­tion de ceux qui ont choisi de venir.

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