Cofinancement obligatoire pour les salariés, accès limité au permis de conduire et plafonnement des aides pour les demandeurs d’emploi… À partir du 20 février, les fonds du CPF ne pourront plus financer le permis de conduire. Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2026.
À compter de ce 20 février 2026, il n’est plus possible d’utiliser les fonds disponibles de votre Compte personnel de formation (CPF) pour financer vos formations au permis de conduire. Une réforme qui intervient à la suite de l’adoption de la loi de finances 2026. Depuis son lancement en 2014, le CPF s’est positionné comme l’outil phare des Français souhaitant se former ou évoluer professionnellement. Parmi les formations prisées, le permis de conduire est rapidement devenu la star du catalogue. En 2024, plus de 1,4 million de personnes ont utilisé leur CPF. Sur le terrain, certains professionnels du secteur se disent satisfaits de cette réforme. « Le permis de conduire se finance et il se mérite. Je suis donc soulagée que cela prenne fin, les profils concernés par le CPF ne sont pas toujours les meilleurs. En revanche, je reste favorable au dispositif lorsqu’il concerne les demandeurs d’emploi, car cela peut réellement les aider à trouver un travail », estime Laetitia, monitrice d’auto-école à Mon Permis à Lille.
Pourquoi le gouvernement resserre la vis des CPF ?
Le CPF pèse indirectement sur le déficit public. En effet, les dépenses sont passées de 740 millions d’euros en 2018 à 1,9 milliard d’euros en 2025. En cause : le succès du dispositif dont le coût a progressé beaucoup plus vite que les cotisations versées par les employeurs pour le financer. Face à ce déséquilibre l’État doit donc combler le trou par le biais de France Compétences, l’organisme chargé de gérer les fonds mutualisés de la formation professionnelle. L’objectif affiché par l’exécutif est de transformer ce qui était devenu un « droit universel » en une aide strictement réservée à une nécessité professionnelle démontrée.
Qui sont les personnes concernées ?
- Les jeunes conducteurs figurent parmi les plus touchés par cette restriction budgétaire, avec la suppression de l’aide forfaitaire de 500 € accordée aux apprentis majeurs. Longtemps soutenus par ce coup de pouce financier, les étudiants et les jeunes actifs se retrouve désormais face un véritable mur budgétaire. Ils doivent composer avec leur épargne personnelle, voire recourir à un crédit pour financer leur permis. Pour cette étudiante qui prépare son permis, cette interdiction représente une véritable injustice : « Le fait de ne plus pouvoir utiliser le CPF pour financer le permis est une charge énorme en plus. J’ai déjà eu beaucoup de difficultés à obtenir mon permis, au moins 60 heures de conduite. Vu le prix des heures, cela revient très cher. Sans le CPF, ça rend les choses encore plus compliquées. »
- Le tour de vis cible en premier lieu les salariés en poste. Désormais, Le permis B ne pourra plus être financé uniquement par les droits CPF de manière autonome. La réforme introduit une condition de cofinancement obligatoire par un tiers : l’employeur ou un OPCO (Opérateur de compétences), l’organisme chargé d’accompagner et de financer la formation professionnelle des entreprises. Concrètement, cela signifie que si l’entreprise ne valide pas votre projet en participant au financement via un « ticket modérateur », d’au moins 100 €, vos droits CPF ne pourront pas être mobilisés pour financer le permis.
- Les coups de ciseau concernent également les demandeurs d’emploi. Le futur « Guichet Unique », prévu pour avril 2026 devrait simplifier les démarches, mais avec des plafonds financiers revus à la baisse. Le gouvernement envisage ainsi de limiter la prise en charge à environ 900 € pour les permis de conduire des véhicules légers (B, A2). Or, un permis coûte en moyenne entre 1 500 € et 2 000 €. Le reste à charge pour le chômeur pourrait donc rapidement devenir dissuasif. France Travail n’interviendra désormais qu’en complément, une fois que le solde CPF aura intégralement été mobilisé. L’objectif vise à limiter les effets d’aubaine et de s’assurer que le financement serve réellement à l’insertion sur le marché du travail. Pour les demandeurs d’emploi disposant d’un solde CPF élevé, s’inscrire avant mars 2026 pourrait permettre d’éviter le plafonnement à 900 €.
Quid du permis moto et des véhicules lourds ?
Pour le permis moto, le salarié devra désormais justifier d’un besoin professionnel auprès de son employeur pour obtenir un cofinancement. Sauf dans certains secteurs comme la livraison ou les métiers de la sécurité. À l’inverse, les permis poids lourd (transport de marchandises et de personnes) demeurent pleinement éligibles. Leur lien direct avec des professions en tension continue de justifier un financement prioritaire.
Pour en savoir plus sur les conditions d’éligibilité, il faut se connecter sur le site officiel : moncompteformation.gouv.fr