À Wazemmes, un petit magasin fait office d’atelier d’autoréparation participatif et convivial. Chacun peut venir réparer son vélo endommagé pour pas cher grâce aux outils et machines mis à disposition. Pour Contrepoint, je suis parti réparer mon vélo !
Derrière des vélos décortiqués, des cadres solitaires et des roues orphelines, ce petit atelier du quartier de Wazemmes se révèle. Renaud et Grégoire ont fondé Les Mains dans le Guidon en 2016, avant qu’Eva rejoigne l’équipe il y a 4 ans. Depuis ils gèrent quatre magasins sur la métropole lilloise.
Réparer son vélo soi-même
Au milieu des outils et des pièces détachées, je me faufile entre les carcasses de vélos pour m’installer devant un établi. C’est l’heure du diagnostic : Pauline, employée du magasin, passe mon vélo au crible pendant que je lui montre les différentes pièces à réparer. Après quelques instructions, Pauline me guide et m’explique comment procéder.

Première étape, regonflage des pneus ! Et ils en avaient bien besoin… Armé de ma pompe, je fais face à un premier obstacle. Pour ne pas endommager ma chambre à air, je dois redresser son embout pour la regonfler. La tension de mon frein arrière n’étant pas optimale, je dois donc aussi remplacer des pièces qui d’ailleurs n’étaient pas supposées se trouver à cet endroit sur mon vélo – sûrement un rafistolage amateur. Pour ce faire, Pauline m’a fourni un nouveau câble et une nouvelle gaine qu’elle a piochée dans sa recyclerie.
Des pièces d’occasion et à bas prix
Pneus, gaines, câbles, clavettes ou chambres à air… Avec plus de 2 000 références, j’étais sûr de trouver les pièces qu’il me fallait dans la réserve de la boutique. Le magasin récupère des vieux vélos, cassés ou obsolètes, qui sont ensuite réparés ou transformés en pièces détachées. « Il y a un côté gratifiant et solidaire à penser au fait qu’on n’utilise plus son vélo mais qu’il sera quand même valorisé d’une façon ou d’une autre, » m’explique Eva. Après avoir démonté puis réaligné mon frein arrière, il ne me reste plus qu’à vérifier qu’aucun frottement inutile n’existe mais surtout que mon vélo freine correctement.
À chaque étape, Pauline revenait vers moi pour s’assurer que tout se passe au mieux et pour me prodiguer conseils et astuces de bricoleur. « J’ai toujours peur d’embêter les gens mais finalement les gens viennent vers moi et je suis moins intimidée, » me confie Mathilde qui répare son vélo à côté de moi. Pour ma dernière réparation, je dois resserrer le boîtier du pédalier. Et pour cela, rien de plus simple : nettoyage, graissage puis resserrage des écrous, avant de rattacher la pédale démontée un peu plus tôt. Montant total des réparations : 15 euros de forfait pour la journée en plus de quelques euros pour l’achat des pièces détachées d’occasion, mais un abonnement annuel de 45 euros offre la liberté de venir autant de fois que souhaité dans l’atelier. Ça y est, mon vélo est comme neuf – ou presque – et je suis fin prêt à prendre la route, les mains sur le guidon !