Entre 110 000 selon la préfecture de police et 250 000 personnes selon la CGT ont défilé samedi 24 octobre à Paris, de la porte d’Italie à la porte de Vincennes, contre la vie chère et pour plus de moyens pour l’éducation.
Le cortège est resté calme jusqu’à la dispersion, marquée par des heurts. Nombreuses sont les familles ainsi que les retraités qui participent au cortège, au départ de la porte d’Italie. Ces manifestants affichent un air joyeux et solidaire malgré une météo peu clémente. L’ambiance est à l’unité et au calme.
Les manifestations du 17 octobre ont laissé des traces durables dans plusieurs grandes villes de France et dans les mémoires, que ce soit la mairie de Limoges, détruite par un incendie, ou place de la République, dans la capitale. Pillages et affrontements ont éclipsé le mouvement social qui mobilise le pays depuis plusieurs semaines. Cependant, les manifestations du 24 octobre se sont déroulées en majorité dans le calme. Des heurts ont éclaté en fin de journée dans plusieurs villes, dont Lyon, Marseille, Rennes et Bordeaux, alors que de nombreux rassemblements avaient été interdits par les préfectures.
Les participants à la mobilisation répètent les mêmes demandes depuis plusieurs semaines : le retour du pouvoir d’achat, la baisse du prix des carburants. Parti des blocus lycéens, le mouvement a convergé avec l’appel contre la vie chère, rejoint par des étudiants, des syndicats de salariés et d’agriculteurs et des Gilets jaunes. Lycéens et étudiants réclament une augmentation du budget de l’éducation nationale pour pallier des problèmes tels que l’insalubrité des lycées ou le manque de professeurs dans le secondaire, ainsi que la suppression ou la réforme en profondeur de Parcoursup et, surtout, la mise en place d’un dialogue entre la jeunesse et l’État.
« Les cortèges se sont bien déroulés »
Vendredi soir, la préfecture de police a changé le parcours au dernier moment : le tracé Bastille – Nation, validé la veille, a été interdit et remplacé par un itinéraire de la porte d’Italie à la porte de Vincennes, par les boulevards des Maréchaux. Les syndicats ont contesté ce choix en justice, sans succès : le tribunal administratif a rejeté leur recours samedi matin, la préfecture jugeant le nouvel itinéraire plus sûr. Le nouveau parcours est rapidement critiqué par la gauche : Marine Tondelier (Les Écologistes), Olivier Faure (PS) et Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise et candidat à la présidentielle de 2027, présent dans le cortège. Sur X, ce dernier accuse le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de chercher à « désorganiser notre droit à manifester ». Les manifestants ont pourtant répondu nombreux à l’appel, dans une mobilisation nationale en légère baisse : 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, contre 550 000 le 17 octobre ; la CGT, elle, en revendique 800 000, comme la semaine précédente.
« Les cortèges se sont bien déroulés », assure le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le gouvernement se félicite d’avoir évité les pillages et les dégradations de la semaine précédente.
Un flot humain d’envergure, face à un dispositif de sécurité renforcé. Après les violences de la semaine précédente, et alors que le président Emmanuel Macron avait demandé de nouvelles méthodes face aux casseurs, le gouvernement a annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes (10 000 de plus que le 17 octobre), de blindés Centaure, d’hélicoptères, d’unités d’élite et de militaires de l’opération Sentinelle, affectés à la sécurisation de sites sensibles.
À Paris, au moins 2 000 personnes, dont 500 casseurs selon le ministère de l’Intérieur, se sont retrouvées au contact des forces de l’ordre en fin de cortège, et les affrontements ont duré au moins deux heures. Le ministre de l’Intérieur recensait près de 1 000 interpellations en France en fin de journée ; la préfecture de police en comptait 142 à Paris dimanche matin. La CGT appelle à prendre le relais par la grève, avec la journée du 5 novembre en ligne de mire, et les Gilets jaunes réclament un troisième acte du mouvement le 31 octobre.
Le ministre a annoncé près de 1 000 interpellations dans le pays en fin de journée. La préfecture de police en a recensé 142 à Paris dimanche matin.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, devait recevoir les organisations syndicales lundi 26 octobre. La CGT promet de poursuivre la mobilisation. Elle appelle la grève à prendre le relais, avec la journée du 5 novembre en ligne de mire. Les Gilets jaunes réclament, eux, un troisième acte du mouvement le 31 octobre.
