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    Ramadan étudiant : quand la foi se heurte à la précarité

    Alors que le Ramadan touche à sa fin, des milliers d’étudiants musulmans en France vivent ce mois sacré sous le signe des res­tric­tions… mais pas qu’a­li­men­taires. Frigo peu garni, rupture du jeûne expédiée en solitaire, calcul minutieux des dépenses ali­men­taires : cette réalité contraste avec l’image cha­leu­reuse et familiale souvent associée à cette période.

    « C’est un peu étrange, j’ai pas l’habitude de jeûner seule », confie Assia, âgée de 23 ans. Originaire de Lyon, elle poursuit une licence d’Histoire à Lille et vit son premier Ramadan loin des siens. Une expé­rience nouvelle, loin d’être anodine : « Ce n’est pas évident émo­tion­nel­le­ment. Le Ramadan, c’est le mois du partage, alors forcément, sans la famille, c’est différent ! »

    Un Ramadan au goût particulier

    À l’approche du coucher du soleil, pas de table dressée ni de plats qui mijotent en cuisine depuis des heures. Ici, l’organisation est mil­li­mé­trée. Le week-​end, Assia prépare ses repas à l’avance : bricks, soupes et petits plats réchauf­fés en quelques minutes après une longue journée de cours. « En semaine, j’ai pas trop le temps de cuisiner, alors je prévois tout le dimanche », explique-​t-​elle. Pourtant, même avec cette anti­ci­pa­tion, l’ambiance manque cruel­le­ment. « Je suis en colo­ca­tion, mais mes amies ne jeûnent pas. Parfois, elles mangent avec moi, mais souvent, je me retrouve seule. Du coup, je mange vite et en 20 minutes c’est bouclé. »

    Quand le budget est serré, les choix ali­men­taires s’adaptent : des plats rapides, peu coûteux, souvent loin des mets tra­di­tion­nels habi­tuel­le­ment préparés en famille. « Si j’ai la flemme ou que je suis trop fatiguée, je me fais des pâtes ou du riz, des plats basiques, parce que cuisiner pour moi seule ne me donne pas forcément envie », raconte Assia.

    Faire avec moins

    Face à cette précarité crois­sante, les asso­cia­tions étu­diantes tentent d’apporter des solutions concrètes. À Lille, la branche locale des Étudiants Musulmans de France (EMF) organise des dis­tri­bu­tions ali­men­taires. Plus qu’un simple repas, ces ini­tia­tives offrent un espace d’échange et de soutien, une paren­thèse de chaleur humaine dans un quotidien parfois difficile.

    Deux fois par mois en temps normal, les dis­tri­bu­tions se sont trans­for­mées en rendez-​vous heb­do­ma­daires durant le Ramadan. « On propose aux étudiants un système d’inscription via QR code pour qu’ils puissent récupérer un repas gra­tui­te­ment », explique Inès, pré­si­dente d’EMF Lille. Une aide précieuse pour des étudiants comme Savannah, 21 ans, en médecine. « En résidence étudiante, j’ai pas toujours le temps de cuisiner le soir. Ça me permet de manger quelque chose de chaud », témoigne-t-elle.

    Une précarité qui explose

    Mais Savannah est loin d’être la seule. Chaque semaine, l’EMF voit affluer toujours plus d’étudiants en détresse. « Cette année en par­ti­cu­lier, mais aussi les pré­cé­dentes, la précarité s’est aggravée avec des facteurs struc­tu­rels comme la crise du Covid », constate Inès. « On essaye de mobiliser un maximum de bénévoles pour aider davantage, mais c’est toujours pas suffisant. »

    Rogner sur les portions, sauter un repas ou dépendre de la soli­da­rité est devenu une habitude pour beaucoup. En 2024, plus d’un tiers des étudiants avoue devoir faire ce sacrifice faute d’argent, selon une étude de l’IFOP. Une sta­tis­tique glaçante, qui rappelle que c’est tout un pan de la jeunesse qui lutte pour garnir ses assiettes vides.

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