À Lille-Moulins, Charlotte Coche Déquéant s’est lancée seule dans l’aventure de la jesmonite, une résine encore peu connue en France mais qui séduit de plus en plus les créateurs. Avec patience et créativité, elle façonne des objets aux teintes douces et aux motifs uniques, apportant une touche artisanale et contemporaine à la décoration d’intérieur. Depuis janvier, la jeune artiste a installé son atelier à la Cofabrik, un espace partagé où 18 autres artisans et créateurs donnent vie à leurs projets.
« Après le confinement, j’ai tout lâché pour faire quelque chose de mes mains », confie Charlotte. Dans son petit atelier aux couleurs pastels, elle mélange de la poudre de jesmonite avec de l’eau, y ajoute des pigments et après 20 minutes de séchage à froid, elle obtient des bols, des portes-œufs et autres objets de décoration. Elle vient de rejoindre les 18 artistes résidents de la CoFabrik, boulevard de Belfort, premier lieu de coworking dédié aux métiers de l’art en France né il y a huit ans. La Lilloise a créé sa marque, Rezzina en janvier. « Au départ, je voulais travailler le béton, j’étais bien lancée, explique la jeune femme qui a été graphiste dans une ancienne vie, après des études d’art appliqué. Mais c’est un matériau lourd, très poussiéreux et pas vraiment écolo. J’ai alors cherché quelque chose de plus adapté, et j’ai trouvé la jesmonite.»
Une matière plus écolo
Développée en Angleterre dans les années 1980, cette résine à base de gypse (une pierre servant à fabriquer le plâtre) se mélange à de l’eau sans solvant, ce qui lui permet de ne pas libérer de composés organiques volatils (COV). « C’est une alternative écologique aux autres résines, ainsi qu’au plâtre et au béton », explique Charlotte. Très dense et résistante, la jesmonite peut également être teintée avec des pigments, offrant ainsi des effets marbrés ou terrazzo, où de petits éclats colorés viennent s’incruster dans la matière.
Des créations sur mesure
L’artiste propose une gamme d’objets décoratifs du quotidien, mais conçoit aussi des pièces plus imposantes et sur mesure, comme des tables en éco-résine ou encore des suspensions lumineuses. « J’ai envie d’aller au-delà des créations classiques réalisées avec des moules », confie-t-elle. Comme l’univers de la cuisine, celui de l’éco-résine demande parfois une part d’expérimentation et d’ingéniosité. Par exemple, pour éviter l’apparition de microbulles avant le séchage, Charlotte utilise une planche vibrante de fitness. Et le résultat est bluffant !
Prochaine étape pour la créatrice : faire découvrir ses pièces au grand public en exposant sur les marchés et événements artisanaux.