Soulèvement des bassines : un député doit-​il manifester ?

Samedi, trois députés de la Nupes ont participé à une mani­fes­ta­tion interdite à Sainte-​Soline. Leur lutte contre la construc­tion de « méga-​bassines » a été mal vue par certains de leurs homo­logues à l’Assemblée nationale. Ils demandent une sanction.

Les députés LR sont-​ils en train de faire le travail de la majorité relative pré­si­den­tielle ? Quelques jours après avoir fait barrage à la motion de censure de l’opposition (lundi 20 mars), voilà que les femmes et les hommes d’Éric Ciotti demandent la sanction de leurs homo­logues présents à Sainte-​Soline samedi dernier.

Dans une lettre adressée à la pré­si­dente de l’Assemblée Yaël Braun-​Pivet, 43 signa­taires dénoncent sans les nommer des « collègues députés » pour leur impli­ca­tion dans une mani­fes­ta­tion. Ce « trouble à l’ordre public » est d’autant plus condam­nable, selon eux, que le ras­sem­ble­ment avait été interdit.

« Quatre véhicules en feu, 29 mili­taires blessés dont deux en urgence absolue » : le décompte des Républicains contraste avec celui de la gauche, qui met en avant les trois mani­fes­tants dont le pronostic vital est engagé. Chacun fera ses comptes. En attendant, c’est la présence d’élus de la nation qui fait tache pour la droite.

« Elle donne une légi­ti­mité aux res­pon­sables de ces confron­ta­tions d’une agres­si­vité hors norme », dénonce la lettre. Les députés présents met­traient de l’huile sur le feu par leur simple appa­ri­tion. Pourtant, quand ces derniers marchent contre la réforme des retraites, personne ne s’indigne.

Ce qui dérange donc n’est pas tant la présence de députés lors d’une mani­fes­ta­tion, mais la nature du ras­sem­ble­ment. Interdit, violent. La question est en fait : un député peut-​il mani­fes­ter lors d’un ras­sem­ble­ment interdit ? En tant que citoyen Français, le député – qui n’est pas orga­ni­sa­teur de l’évènement – encourt au maximum une contra­ven­tion de 135 € s’il est présent lors d’une mani­fes­ta­tion interdite. Elles sont rarement appliquées.

Politiquement, c’est une autre paire de manches. Aux signa­taires de la lettre qui invoquent un mandat national qui tiendrait le député à davantage de retenue, on pourrait opposer la qualité de repré­sen­tant des Français qui les ont élus. Ceux des LRI étaient à Sainte-Soline.

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