Depuis l’investiture de Donald Trump, le lundi 20 janvier 2025, des dizaines d’institutions, collectivités ou personnalités publiques ont choisi de quitter X. L’ancien réseau social Twitter est jugé toxique pour la démocratie depuis son rachat par le milliardaire controversé Elon Musk, fervent soutien du président républicain.
Lundi 20 janvier, ils sont nombreux à quitter « X » accusé d’être une machine à manipuler l’opinion et à propager la désinformation. Parmi eux, de nombreuses personnalités et même des institutions comme La Voix du Nord. Cet appel à déserter la plateforme se retrouve sur les réseaux sociaux sous le hashtag #HelloquitteX.
Le dénominateur commun de cette initiative n’est autre qu’Elon Musk, lui-même. Le milliardaire américain, soutien de Donald Trump qui l’a nommé conseiller spécial à la Maison Blanche, a racheté en 2022 Twitter, pour 44 milliards de dollars, avant de le rebaptiser « X ». Il a supprimé tous les garde-fous qui permettaient la modération et la vérification des contenus publiés sur la plateforme. Ces derniers mois, le milliardaire a multiplié les propos racistes, transphobes et sexistes, soutenant l’extrême droite, allant même jusqu’à faire un salut nazi lors de l’investiture du nouveau président américain. X est alors devenu un défouloir pour beaucoup et un amplificateur de fausses informations.
400 000 abonnés au compte « X » de la Voix du Nord
Dans ce contexte, le quotidien régional nordiste a annoncé quitter la plateforme. Stéphanie Zorn, la rédactrice en chef de la Voix du Nord, explique : « on ne pourra jamais contribuer à alimenter un réseau social qui se présente comme une zone de non-droit et dépourvu d’éthique, explique-t-elle. Chacun doit mesurer aujourd’hui qu’il ne sera jamais mieux informé qu’en accédant directement au contenu des médias plutôt que par les réseaux sociaux ». Toutefois, la journaliste ajoute que le journal continuera d’observer avec attention l’évolution des réseaux sociaux.
Les internautes face à un dilemme
Les internautes, habitués à suivre l’actualité via X, se retrouvent face à un dilemme. D’un côté, ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer la transformation de la plateforme en un espace où la désinformation prospère sans entrave. De l’autre, X reste un outil incontournable pour accéder rapidement aux informations et aux débats en cours.
Certains médias, tout en condamnant la dérive du réseau social, hésitent encore à franchir le pas, redoutant de perdre une audience précieuse. D’autres, comme France Inter, Mediapart et Le Monde, ont déjà supprimé leur compte. Laurent Ruquier, animateur et chroniqueur, a annoncé son départ en expliquant : « Je refuse d’alimenter un réseau qui fait la part belle à la haine et aux mensonges ». Même son de cloche pour la réalisatrice Agnès Jaoui, qui dénonce « une dérive intolérable qui renforce l’extrême droite ».
Chez les internautes, la question se pose désormais : faut-il quitter X au risque de se couper d’une source d’information immédiate, ou y rester tout en étant conscient des dangers qu’il représente ? Jules, 27 ans, journaliste freelance, a sauté le pas : « J’ai désactivé mon compte après avoir vu un flot de désinformation pro-Trump sans aucune réaction de la plateforme. Je ne veux pas cautionner ça ». À l’inverse, Marion, 34 ans, community-manager, reste partagée : « C’est mon outil de travail et une vitrine pour mes articles. Partir signifierait perdre de la visibilité ».
Le débat est loin d’être tranché, mais une chose est sûre : la fracture entre X et une partie de ses utilisateurs semble désormais irréversible.