Payer sans passer en caisse ? On a testé pour vous « Faim »

Ouvert le 15 septembre en plein centre-​ville de Lille, la boutique de repas à emporter « Faim » crée par Flunch, réinvente la caisse tra­di­tion­nelle avec un concept inédit en France : le paiement sans passage en caisse.

Payer sans passer en caisse ? C’est désormais possible grâce à Faim, le nouveau concept de res­tau­ra­tion rapide lancé par Flunch, situé rue Pierre Mauroy à Lille. L’enseigne expé­ri­mente une tech­no­lo­gie inédite en France : le Just Walk Out « juste pour sortir » en français), déve­lop­pée par Amazon.

Mais alors, comment ça marche ?

Pour le savoir, nous avons testé cette cantine digitale de 125 m2. Le principe est simple : passer les portiques en verre, qui s’ouvrent auto­ma­ti­que­ment dès qu’on s’en approche. En quelque seconde, nous voilà plongés dans les rayons des plats et desserts où nous sommes libres de nous servir. Pendant ce temps au plafond, les caméras sans recon­nais­sance faciale qui se fondent aux lumi­naires comp­ta­bi­lisent nos achats. « Les caméras créent en quelque sorte un panier virtuel. Tout ce que vous prenez ou reposez sur les étagères s’ajoute ou se retire auto­ma­ti­que­ment du panier », explique Annaelle, employée. Après avoir choisi une barquette de pâtes bolo­gnaises à l’emmental à 5,90€, il ne reste plus qu’à passer au terminal de paiement et sortir. Ici, pas de caisse tra­di­tion­nelle et pas de paiement en espèces, les capteurs présents dans toute l’enseigne et l’intelligence arti­fi­cielle se chargent de tout. La fin de notre expé­rience est à la fois rapide comme le veut l’enseigne et dérou­tante, car elle donne l’impression de partir en ayant rien payé. Si la caisse tra­di­tion­nelle a disparu au profit de terminaux de paiement par carte, la question de la sécurité et des vols se pose forcément : « Les capteurs dis­suadent pas mal et puis la sécurité c’est la porte de sortie. Il n’y a que nous qui pouvons l’ouvrir pour une sortie sans achat », précise une employée chez Faim. Les clients peuvent consulter le détail de leurs achats direc­te­ment sur leur smart­phone en s’inscrivant par mail sur la machine de l’enseigne.

« C’est sur­pre­nant ! On entre, on choisit ce qu’on veut et on sort. On a l’impression de s’être servi comme dans notre frigo. »

Emma, cliente

Humain vs IA

Si certains y voient un concept révo­lu­tion­naire, d’autres pointent du doigt le manque de contact humain que cela pourrait créer, comme Hugo qui lit les infor­ma­tions devant le res­tau­rant : « Moi je pense aux personnes âgées, qui aiment faire leurs courses pour ren­con­trer du monde. Maintenant si tout est optimisé pour ne plus perdre de temps à socia­li­ser mais juste à bosser on va juste perdre l’humain », se désole-​t-​il. Cependant, Annaelle, employée chez Faim précise : « Ça ne supprime pas d’emplois, il y a toujours quelqu’un entre 9h et 21h30. Et puis il y a toujours le contact humain car nous avons quand même gardé une caisse physique. » 

Lille, première étape de « Faim » en France

Lancée pour la première fois à Lille, cette ini­tia­tive pourrait s’étendre si le succès
est au rendez-​vous : « Si ça fonc­tionne à Lille, nous envi­sa­ge­rons de la déve­lop­per dans d’autres villes », indique Hervé Rampal à Vozer Lille. 

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