Téléfilms de Noël : le pari gagnant

« Prêts à fondre devant nos belles histoires de Noël ? » peut-​on lire sur la pla­te­forme de streaming TF1. La saison des téléfilms de Noël est ouverte depuis un bon moment. Deux dif­fu­sions par jour, formats calibrés : malgré des scénarios cousus de fil blanc, le public répond toujours présent.

Un calen­drier anticipé

« Un Noël à couper le souffle », « Love story à Noël », « Coup de foudre au gala de Noël »… Noël, Noël, Noël. Tous les ans, ces téléfilms débarquent sur nos écrans, surtout ceux des seniors, et de plus en plus tôt. Cette année, le coup d’envoi a été donné le 13 octobre, alors qu’il faisait encore 15 degrés dehors. Autant dire que les arbres n’étaient pas encore dégarnis et la neige loin de tomber.

Pourtant, TF1 n’a pas hésité à sortir son arsenal de romcoms enneigées quelques semaines avant Halloween. Si la chaîne avance chaque année un peu plus la date fatidique, c’est parce qu’il y a un public fidèle, et nombreux, au rendez-vous.

Plaisir coupable

Sociologiquement, les téléfilms de Noël répondent à un besoin précis. Ils offrent un monde parallèle où tout finit bien, où les conflits se dis­solvent autour d’un chocolat chaud, et où l’amour, même compliqué, trouve sa voie en 90 minutes. Dans une époque anxiogène, ces univers fonc­tionnent comme une paren­thèse enchantée. On peut tout prévoir, tout anticiper, tout deviner dès les premières minutes, c’est justement ce qui rassure.

Même si elle reconnaît que la trame est souvent « trop parfaite, trop lisse », Marie, 76 ans, admet en regarder de temps en temps. « Ce qui me gêne, c’est l’image que ça renvoie : la retraitée qui passe ses après-​midi devant des téléfilms de Noël. » Elle est pourtant loin d’être la seule : ces films réunissent en moyenne un million de télé­spec­ta­teurs selon les audiences TF1.

Une mécanique bien huilée

Le catalogue TF1 déborde : deux téléfilms par jour, avec des acteurs récur­rents, un décor digne du pôle nord et des histoires d’amour à l’eau de rose. Rapides à tourner, peu chères, ces pro­duc­tions sont majo­ri­tai­re­ment amé­ri­caines, his­to­ri­que­ment issues de la chaine Hallmark, spé­cia­liste dans le domaine. Pour un coût d’environ 800 000 dollars et seulement trois mois de tournage selon The Conversation, elles sont formatées pour un public dont les attentes et le désir de réconfort ont par­fai­te­ment été identifiés.

Au fond, la magie de Noël ça ne touche pas que les enfants.

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