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    Entre fac et boulot, Théo lutte contre la précarité étudiante

    Théo a 22 ans et mène une réelle double vie. Comme plus d’un million d’é­tu­diants, il fait partie de ceux qui tra­vaillent à côté des bancs de la faculté. Le maitre de mot de son quotidien : l’organisation.

    Chaque samedi matin, l’heure n’est pas à la grasse matinée pour Théo. Muni de sa tunique de travail, direction rue Nationale, derrière le comptoir d’une chaine de res­tau­ra­tion. Ce qui n’était qu’un job sai­son­nier s’est trans­formé fina­le­ment en réel travail étudiant. « Je fais ça pour aider mes parents », explique le jeune homme, il complète « J’aide sur le loyer prin­ci­pa­le­ment et ça me fait un peu d’argent de côté au cas où. C’est surtout depuis mon arrivée en Master que les dépenses ont augmenté. L’école coûte cher, donc il faut suivre.».

    Comme l’ex­plique Théo, le loyer est la première dépense des étudiants. Selon une enquête de l’aide ali­men­taire Linkee, la moitié loue un studio ou est en colo­ca­tion. La sta­tis­tique qui donne froid dans le dos reste la suivante : un étudiant sur dix a dormi dehors ou dans sa voiture au cours de la dernière année. Toujours selon l’étude Linkee, trois-​quart des étudiants vivraient avec moins de 100 euros par mois pour se nourrir, se cultiver et se soigner. Ce chiffre est divisé par deux pour 50% des sondés. « C’est vrai qu’il y a beaucoup d’é­tu­diants dans le même cas que moi. Que ce soit ici au travail ou dans ma classe, beaucoup doivent concilier les deux pour s’en sortir. Je sais qu’en res­tau­ra­tion ça se fait énor­mé­ment.», raconte Théo. Lui comme tous les autres béné­fi­cient également d’aide de l’Etat, une part qui complète leurs salaires mais qui n’est pas forcément suf­fi­sante. En effet, plus de 45% des étudiants sondés par Linkee déclarent percevoir moins de 400 euros d’aide de l’Etat.

    Un contexte éco­no­mique défa­vo­rable aux étudiants

    L’inflation est également passée par là pour les jeunes. En septembre 2023, la Cop1, asso­cia­tion qui porte « assis­tance aux étudiants dans le besoin », écrivait même des « constats alarmants » En effet, à propos de l’a­li­men­ta­tion, l’Ifop expli­quait que « près d’un étudiant sur deux indique ainsi qu’il lui arrive de devoir limiter voire renoncer à des achats sur ce poste de dépenses (49 %), soit une pro­por­tion supé­rieure de 24 points à celle enre­gis­trée dans l’ensemble de la popu­la­tion française (25 %)». Pour les étudiants, les dépenses dédiées aux loisirs sont donc en recul. Pour ceux qui tra­vaillent, la question du temps pour les loisirs s’adosse à celle des finances. Pour ça, Théo n’a qu’un seul mot d’ordre.

    Une seule solution, l’organisation

    Le futur jour­na­liste ajoute 10 heures à ses semaines « Je sais aussi que c’est une chance de pouvoir tra­vailler à côté de mes études. C’est pas forcément possible pour tout le monde.» Empreint de maturité, Théo poursuit : « C’est beaucoup d’or­ga­ni­sa­tion forcément. Parfois je ne peux pas sortir ou me reposer comme mes camarades. Mais il faut le faire, je me suis engagé, donc je m’y attache ». Néanmoins, Théo confie à Contrepoint que sa poursuite uni­ver­si­taire reste et restera sa priorité.

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