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    Movember : après un cancer, on vit dif­fé­rem­ment, mais on vit

    À l’occasion de Movember, Adrien Lacassaigne partage son parcours face au cancer de la prostate, les défis après l’opération et l’importance de briser le tabou.

    Un simple bilan sanguin de routine a tout changé. Présentateur sur France Bleu Touraine depuis vingt ans, Adrien Lacassaigne, découvre un taux de PSA élevé, signe possible de cancer. « On a d’abord surveillé pendant un an, raconte-​t-​il. Puis le taux a soudain grimpé. Après une biopsie, le diag­nos­tic est tombé. J’ai arrêté l’antenne pour me consacrer à mon trai­te­ment et à ma santé. » Pendant cette année, il se préparait peu à peu à cette annonce. « Il n’y a pas de petit cancer. L’impact psy­cho­lo­gique est réel. » Lorsque l’opération devient inévi­table, le médecin est direct : sans inter­ven­tion, il lui resterait à peine trois ans. À 64 ans, Adrien hésite, puis accepte, soutenu par ses proches.

    Reconstruire son quotidien

    L’après-opération est difficile : fuites urinaires, troubles de l’érection, perte de repères. « Les fuites se sont résorbées, mais la sexualité reste affectée. Même aidé, le rapport à la mas­cu­li­nité change, c’est très trau­ma­ti­sant. On a l’impression de perdre quelque chose de soi. » Cette période s’accompagne d’un sentiment de solitude. « Peu d’hommes en parlent. Ce cancer reste un tabou. » Aujourd’hui, Adrien témoigne et échange avec d’autres patients. Mais il déplore le manque de sen­si­bi­li­sa­tion : « Octobre Rose mobilise énor­mé­ment, Movember beaucoup moins. Les hommes souffrent d’un déficit d’empathie. Peu de per­son­na­li­tés évoquent leur maladie. On meurt encore dans le silence. » Son message ne laisse pas place au doute : « Parlez-​en et faites-​vous dépister. Plus tôt, c’est détecté, mieux c’est pris en charge. Et surtout, n’ayez pas honte. On vit dif­fé­rem­ment, mais on vit ! »

    Cancer de la prostate : les trois choses à savoir

    Le cancer de la prostate touche surtout les hommes après 50 ans. Le Dr Fayek Taha, urologue au CHU de Reims, explique l’essentiel.

    À quel âge faut-​il se faire dépister ?

    Pour la majorité des hommes, le dépistage débute à 50 ans. Il repose sur deux examens simples : dosage du PSA (prise de sang) et toucher rectal, à renou­ve­ler tous les 1 à 2 ans selon les résultats. Pour les hommes avec anté­cé­dents familiaux ou d’origine afro-​antillaise, il commence dès 40 ans, le risque étant plus élevé. En France, le dépistage est indi­vi­duel, non organisé. Le médecin traitant peut proposer un dosage du PSA. Si le taux est élevé, une IRM est réalisée, suivie d’une biopsie en cas d’anomalie.

    Quels sont les signes d’alerte ?

    Le cancer de la prostate est souvent silen­cieux aux premiers stades. Quand appa­raissent des symptômes comme des troubles urinaires ou du sang dans les urines, la maladie peut être avancée. En général, ces signes sont liés à des affec­tions bénignes, mais seul le dépistage permet de faire la différence.

    Peut-​on prévenir le cancer de la prostate ?

    Il n’existe pas de pré­ven­tion spé­ci­fique. Le dépistage reste la meilleure pro­tec­tion. Le médecin géné­ra­liste joue un rôle clé : c’est souvent lui qui initie le dépistage, propose le dosage du PSA et oriente vers un urologue si néces­saire. Beaucoup d’hommes ont une peur bleue du cancer de la prostate. Cela les freine parfois à consulter. L’enjeu, c’est de sen­si­bi­li­ser, mais sans inquiéter.

    Le Dr Fayek Taha, urologue au CHU de Reims. © Fayek Taha

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