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    Vrai ou Faux : la Révolution française est-​elle le fruit d’une crise économique ?

    Alors que les récentes mani­fes­ta­tions en Iran ont relancé sur les réseaux sociaux un débat sur les causes des révo­lu­tions, certains ont invoqué 1789 pour moquer l’idée d’un sou­lè­ve­ment motivé par la seule “vie chère” évoqué par beaucoup. Mais qu’en est-​il réel­le­ment ? La Révolution française fut-​elle avant tout une crise du pouvoir d’achat ? Analyse avec la spé­cia­liste de 1789, Stéphanie Roza.

    Les mani­fes­ta­tions en Iran ont ravivé un débat inattendu. Lorsque certains res­pon­sables poli­tiques ont expliqué le sou­lè­ve­ment par des dif­fi­cul­tés éco­no­miques, des inter­nautes ont répliqué avec ironie : « Comme en 1789, fina­le­ment ? » Derrière la formule, une question sérieuse : la Révolution française a‑t-​elle été provoquée avant tout par une crise éco­no­mique ? Pour y répondre, nous avons interrogé Stéphanie Roza, spé­cia­liste des Lumières et de la Révolution française.

    Stéphanie Roza, spé­cia­liste des idées des Lumières et de la Révolution française © R. Pazuelo

    Une crise éco­no­mique bien réelle

    Première précision : oui, la fin de l’Ancien Régime est marquée par une crise profonde : « Il existe une crise struc­tu­relle de l’économie sous l’Ancien Régime. La monarchie est exsangue, les dettes sont consi­dé­rables. À cela s’ajoute une crise fru­men­taire : plusieurs mauvaises récoltes dans la seconde moitié des années 1780 aggravent fortement la situation. »

    À la fin des années 1780, l’État royal est en quasi-​faillite. Les dépenses mili­taires ont creusé la dette. Le système fiscal est inef­fi­cace et pro­fon­dé­ment inéga­li­taire. Dans le même temps, la flambée du prix du pain (aliment central des classes popu­laires) nourrit les tensions sociales. La situation devient par­ti­cu­liè­re­ment explosive à partir de 1788 – 1789, lorsque Louis XVI convoque les États généraux : « L’entrée en ébul­li­tion de la popu­la­tion en 1788 – 1789 est évi­dem­ment liée aux dif­fi­cul­tés maté­rielles. » explique la spécialiste.

    Mais pour Stéphanie Roza, s’arrêter à cette dimension serait réducteur.

    Une crise finan­cière révé­la­trice d’un système

    La crise n’est pas seulement conjonc­tu­relle ; elle met en lumière les dés­équi­libres profonds du régime : « La crise finan­cière de l’Ancien Régime est direc­te­ment liée à l’existence de pri­vi­lèges. La noblesse et le clergé ne paient pas l’impôt et ne contri­buent donc pas au budget de l’État. Au contraire, ils le vident, le pillent, avec notamment des fêtes fas­tueuses à la cour de Versailles. » précise-​t-​elle.

    Autrement dit, la crise éco­no­mique révèle un problème politique : un système fiscal inéga­li­taire, des pri­vi­lèges ins­ti­tu­tion­na­li­sés, une monarchie absolue incapable de se réformer en pro­fon­deur. Lorsque les États généraux s’ouvrent en mai 1789, la question n’est déjà plus seulement bud­gé­taire. Elle devient ins­ti­tu­tion­nelle : repré­sen­ta­tion, sou­ve­rai­neté, égalité devant l’impôt.

    Le parallèle iranien

    Si la com­pa­rai­son avec l’Iran a émergé, c’est pré­ci­sé­ment parce que les crises contem­po­raines montrent le même enche­vê­tre­ment de facteurs. Les dif­fi­cul­tés éco­no­miques peuvent déclen­cher la contes­ta­tion. Mais elles deviennent révo­lu­tion­naires lorsqu’elles s’articulent à un sentiment d’injustice struc­tu­relle et à une remise en cause du pouvoir en place.

    Réduire 1789 à une simple révolte contre « la vie chère » est donc his­to­ri­que­ment sim­pli­fi­ca­teur. Mais nier le rôle décisif de la crise éco­no­mique serait tout aussi faux. La Révolution française naît de l’imbrication d’une crise maté­rielle profonde et d’une contes­ta­tion politique du régime. C’est cette com­bi­nai­son (et non un facteur isolé) qui fait basculer l’histoire.

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