À travers une mobilisation nationale, L.214 dénonce les conditions dans lesquelles sont élevés les lapins de la filière « Qualité Carrefour ». L’association de défense des animaux demande à l’enseigne de signer le « Plant Protein Pact » afin de faire reculer l’élevage intensif. L.214 a par ailleurs porté plainte contre Carrefour pour « tromperie du consommateur ».
« Ne soldons plus leurs vies », le slogan, imprimé en capitale rouge sang devant le Carrefour du quartier de Wazemmes, a interloqué les passants de la rue Gambetta, ce samedi 24 janvier. À Lille comme dans toute la France, les bénévoles de l’association L.214 se sont mobilisés devant 36 magasins Carrefour au cours du week-end. Le but de cette action : dénoncer les conditions dans lesquelles sont élevés les lapins de la filière « Qualité Carrefour » et ainsi faire pression sur l’enseigne afin qu’elle signe le « Plant Protein Pact » soutenu par l’association.

Carrefour attaqué en justice pour « tromperie du consommateur »
Fondée en 2008, L.214 est une association de défense animale, qui œuvre pour la réduction de l’élevage intensif et la végétalisation de l’alimentation. « Elle se veut lanceuse d’alerte afin de changer le regard de la société sur les animaux, et donc remettre en cause notre légitimité à leur infliger des souffrances » explique Alexis Peltier, co-référant nord de l’association. Ce jeudi 22 janvier, une nouvelle enquête est venue s’ajouter aux 175 rapports déjà rendus public par L.214 et dénonçant des cas de maltraitance animale. Aujourd’hui, c’est l’élevage de lapins LapiMauges, fournissant la filière « Qualité Carrefour », qui se retrouve dans le viseur de l’association. « Cette enquête révèle beaucoup de dysfonctionnement dans l’élevage, alors qu’ils sont censés être les meilleurs produits qu’on peut acheter sous la marque Carrefour » alerte Alexis. Dans la foulée, L.214 a porté plainte contre les deux prévenus, l’élevage de Maine-et-Loire est accusé de maltraitance animale, et l’enseigne, pour sa part, est attaquée pour « tromperie du consommateur ». « Carrefour fait croire à ses consommateurs, au travers de ses publicités notamment, que les animaux sont élevés dans de très bonnes conditions. La réalité est quand même bien différente » regrette le représentant de l’association.
Révélations sur les conditions d’élevage de LapiMauges
Comme le signale L.214, aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 10 millions d’animaux tués tous les mois pour Carrefour. « Dans ces proportions, ce n’est pas possible de faire autrement qu’avec l’élevage intensif » explique Alexis Peltier. En effet, à travers les vidéos dévoilées par L.214 et filmées au sein de l’élevage LapiMauges, on assiste, impuissant, à l’agonie de lapereaux, jugés trop faibles et abandonnés parmi les nombreux morts nés. On y découvre aussi des lapins malades ou blessés, ne bénéficiant pas de soins adaptés : les uns ont des tumeurs, d’autres des abcès, leurs yeux sont rouges, ils tremblent tous de stress, et ce, malgré la radio diffusée en continu dans le hangar pour couvrir les agitations du personnel. Les lapines reproductrices, elles, sont isolées dans de minuscules cages, « l’équivalent d’un format A5 » précise le représentant de l’association. Elles sont inséminées artificiellement afin de donner naissance, tous les mois et demi, à des portées de 6 à 10 lapereaux. « Ce sont pourtant des animaux qui ont besoin de vivre en communauté, et d’être en contact avec leurs congénères » rappelle le bénévole, et mettant en évidence la cruauté de ces conditions d’élevage.
Le « Plant Protein Pact » soutenu par L.214
Le « Plant Protein Pact » est un projet porté par L.214, dont l’objectif est de réduire la consommation de protéines animales. « L’association essaye de trouver des solutions à l’élevage intensif, car cela pose énormément de problèmes, que ce soit d’un point de vue éthique, environnemental, sanitaire, et social » poursuit Alexis Peltier. L.214 cherche à réduire de moitié le nombre d’animaux tués pour la consommation française, et donc de passer d’1,2 milliard à 600 millions d’ici 2030. « Ce sont sans compter les animaux marins, ce seraient plusieurs milliards à ajouter » précise le bénévole. À travers ce « Plant Protein Pact », L.214 demande aux grandes surfaces d’arrêter les promotions et la publicité sur les produits de l’élevage intensif.
En réaction aux mobilisations du week-end du 24 janvier, Carrefour a annoncé suspendre son activité avec l’élevage LapiMauges. Pour l’association de défense des animaux, c’est pourtant loin d’être suffisant : « C’est le minimum de ce qu’on pouvait espérer de l’enseigne » rapporte Alexis Peltier. L.214 demande des actions concrètes de la part de Carrefour, en commençant par signer le « Plant Protein Pact » et ainsi tendre à incarner véritablement cette « transition alimentaire » pourtant communiquée par l’enseigne comme « sa raison d’être ».