Un plat emblématique du Nord se retrouve au centre d’une polémique inattendue. Depuis plusieurs jours, le welsh alimente une rivalité très suivie sur les réseaux sociaux entre un restaurateur lillois et un influenceur spécialisé, sur fond d’accusations de harcèlement.
Cheddar fondu, bière, jambon, pain… un plat populaire du Nord qui, depuis quelques jours, enflamme les réseaux sociaux. Au George V, à Lille, le welsh est une institution. Dirigé par Pierre-Alain de Mazancourt, l’établissement se présente même comme le « temple du welsh » et attire les amateurs du plat depuis plusieurs années. Mais si l’ambiance est habituellement conviviale, le ton a changé ces derniers jours.
Sur Facebook, le restaurateur a publié un message dans lequel il accuse un influenceur lillois, Robert, autoproclamé « roi du welsh », de critiques répétées, d’intimidations et d’insultes. Une opposition d’autant plus surprenante puisque les deux hommes ont déjà été associés : ils avaient participé ensemble à deux éditions du championnat du monde du welsh.
Des accusations de harcèlement en ligne
Selon le restaurateur, les prises de parole de l’influenceur seraient devenues trop insistantes et auraient dépassé le simple cadre de la critique culinaire. Il évoque un acharnement et parle de harcèlement. Le patron affirme également avoir envisagé de porter plainte.
L’affaire, au départ très locale, s’est rapidement propagée en ligne, générant de nombreux commentaires et prises de position.
L’influenceur se défend : « Je n’ai jamais voulu nuire »
Contacté, Robert nous a répondu et conteste les accusations. « J’ai testé 94 welsh et il n’y a que lui qui se plaint. Je n’ai jamais dit de mal de son welsh. Je n’ai jamais voulu nuire. J’ai juste dit qu’il n’est pas tout le temps fait minute. Ça a explosé sur les réseaux sociaux », explique-t-il.
L’influenceur, suivi par plus de 3 500 abonnés sur Instagram, anime également un groupe Facebook baptisé « L’Élite du Welsh », qui rassemble plus d’un millier de passionnés.
Robert regrette aujourd’hui la tournure prise par l’affaire : « J’aurais dû me taire, on ne serait pas là aujourd’hui. »
À Lille, le welsh divise… même hors des assiettes
Dans les rues de Lille, l’histoire amuse autant qu’elle interroge. Si certains passants relativisent une querelle qu’ils jugent « exagérée », d’autres rappellent que l’impact des réseaux sociaux peut être réel pour un commerce.
Stan, rencontré en centre-ville, dit avoir vu l’histoire circuler sur TikTok : « Chacun défend ce qu’il veut, chacun sa légitimité… mais je pense qu’il y a plus grave dans la vie. Tout ça pour du welsh… »
Élodie, elle, souligne que la polémique peut influencer les habitudes : « Moi je ne cuisine pas le welsh chez moi, mais si je dois en manger quelque part, je préfère aller dans une adresse que je connais et en laquelle j’ai confiance. »
Car au-delà de la recette, c’est bien la réputation d’un établissement, et la frontière entre critique et harcèlement, qui se retrouve aujourd’hui au centre du débat.
Ce qui n’était au départ qu’une rivalité autour d’un plat populaire s’est transformé en polémique très médiatisée localement. Une querelle de cheddar qui illustre combien les réseaux sociaux peuvent enflammer même les histoires les plus gourmandes.