Avec 413 milliards d’euros attribués aux armées entre 2024 et 2030 lors de la promulgation de la dernière loi de programmation, la France a engagé une montée en puissance de ses capacités militaires. Alors que l’Europe vit « un moment de bascule », l’augmentation des moyens logistiques et humains commence à prendre forme.
« La guerre est la mère de toutes les révolutions. » (Lénine).
Depuis 2017, la France amorce sa révolution industrielle sous le joug de la guerre. Porté par Emmanuel Macron, président de la République française, le réarmement des armées s’est concentré sur trois axes prioritaires. Le premier marqueur de cette transformation est les finances. En l’espace de 8 ans, les capacités financières des armées ont doublé. Chiffré à 32 milliards d’euros sous le premier quinquennat de l’ancien ministre de l’économie de François Hollande, ce budget a dépassé les 50 milliards en 2025, avec une trajectoire visant à atteindre les 64 milliards d’ici 2027.
Une progression constante et rapide à laquelle s’est ajouté un renforcement des moyens militaires. La nouvelle loi de programmation militaire 2024 – 2030 a doté l’armée d’un nouveau budget de plus de 413 milliards d’euros. À travers ces chiffres, l’achat de blindés militaires comme les « Griffons » ou la modernisation des défenses anti-nucléaires renforce les capacités de dissuasion. L’objectif affiché par l’exécutif n’est plus seulement de « réparer » les capacités militaires après des années de restrictions, mais de préparer l’armée française à des conflits de haute intensité et aux nouvelles formes de guerre, notamment dans le cyberespace, l’espace ou les technologies de rupture comme l’utilisation de drones de combat.
Thalès, Safran, Dassault : des joyaux industriels qui brillent à l’international
La montée en puissance du budget militaire français s’est traduite récemment par une transformation profonde de son industrie de défense. Depuis le début de la guerre en Ukraine et le retour des conflits de haute intensité en Europe, les grands groupes français comme MBDA, Safran ou Thalès accélèrent leurs recrutements. Ce dernier a par ailleurs annoncé, dans un communiqué, le recrutement de 9000 salariés, dont la moitié en France. Chez Dassault Aviation, fleuron de l’industrie tricolore et symbole de la puissance européenne, la production de Rafale est passée de un appareil en 2017 à trois en 2025, répondant à un carnet de commandes bien chargé. Ces dynamiques de puissance se traduisent par une intensification des investissements afin de soutenir les programmes d’armement, la modernisation des équipements et l’innovation technologique, dans un contexte de compétition internationale accrue.
Une volonté politique au service de la paix
Pour Paris, le réarmement s’inscrit dans une politique de défense plus large. Face aux multiples violations du droit international par leur allié historique, les États-Unis, et face aux prémices d’une guerre commerciale entre l’Europe et la Chine, la réindustrialisation s’est affirmée comme un levier pour défendre les intérêts du pays. Lors du Forum économique mondial à Davos en janvier 2026, Emmanuel Macron a dénoncé un monde où « le droit international est piétiné et où la seule loi qui semble compter est celle du plus fort », soulignant ainsi la nécessité pour l’Europe de ne pas se laisser subordonner aux diktats des grandes puissances. En ce sens, le renforcement prometteur de la puissance militaire française se met au service de la sécurité européenne, rappelant ainsi l’adage qui dit : « qui veut la paix prépare la guerre ? »