À l’occasion du 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes, les avancées en matière d’égalité entre les sexes font face à une contestation croissante portée par certains mouvements masculinistes. Très actifs sur les réseaux sociaux, ces groupes dénoncent le féminisme et présentent les hommes comme, eux aussi, victimes d’inégalités.
Chaque année, le 8 mars est l’occasion de rappeler les avancées et les combats encore à mener pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, cette journée symbolique est aussi devenue une cible pour certains groupes masculinistes. Selon eux, elle serait la preuve d’une société défavorable aux hommes.
Bien que le terme, masculiniste, ne fait pas encore l’objet d’une définition unique dans la recherche, il peut se définir comme un contre-mouvement antiféministe centré sur l’idée que les hommes seraient aujourd’hui victimes d’injustices. Cette idéologie se développe principalement en ligne, dans ce que l’on appelle la “manosphère” Autrement dit, un ensemble de forums et de communautés où circulent discours misogynes et critiques du féminisme. Dans ces espaces, la Journée internationale des droits des femmes est souvent perçue comme une preuve d’un prétendu favoritisme accordé aux femmes, alimentant un sentiment de déclassement masculin.
Des communautés masculinistes très présentes en ligne
Le masculinisme ne constitue pas un seul et unique mouvement mais une multitude de groupes aux idées variées. Parmi eux figurent les “incels” (célibataires involontaires), qui attribuent leur difficulté à nouer des relations avec les femmes à une supposée injustice sociale et accusent celles-ci d’en être responsables.
D’autres prônent une séparation plus radicale. Les MGTOW (“Men Going Their Own Way”) encouragent par exemple les hommes à se détourner complètement des relations avec les femmes. Le but ? Qu’elles se rendent compte qu’elles sont perdues sans les hommes. Une manière de leur “faire payer” leur féminisme.
Une influence qui inquiète
Si ces communautés restent marginales, leur influence suscite une légère inquiétude. Selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publié en 2026, le masculinisme constitue aujourd’hui une idéologie structurée, dotée de relais politiques, culturels et médiatiques.
Les enquêtes d’opinion montrent d’ailleurs que certaines idées circulant dans la « manosphère » trouvent un écho plus large. Près de 60 % des hommes interrogés dans une étude citée par le rapport estiment par exemple que les féministes chercheraient à donner plus de pouvoir aux femmes qu’aux hommes. Pour les chercheurs, cette perception alimente le discours victimaire du masculinisme.
Les associations féministes signalent également des formes de pression plus concrètes : menaces en ligne, campagnes d’intimidation ou appels malveillants visant des dispositifs d’aide aux victimes de violences. Les autorités évoquent ainsi une stratégie de déstabilisation visant les politiques d’égalité.
Pour autant, les spécialistes rappellent que ces mouvements ne représentent pas l’ensemble des hommes. Mais leur visibilité sur les réseaux sociaux et leur capacité à mobiliser des discours virulents contribuent à diviser le débat public. À l’heure où le 8 mars célèbre des droits des femmes, la montée du masculinisme rappelle que ces acquis restent, pour certains, profondément contestés.