Plan contre l’in­fer­ti­lité : un tournant pour les parents

Pour la première fois depuis 1945, la France compte plus de décès que de nais­sances. Face à ce déclin démo­gra­phique, le Ministère de la santé a dévoilé un plan de lutte contre l’infertilité, misant notamment sur une meilleure sen­si­bi­li­sa­tion des citoyens aux patho­lo­gies qui y sont liées.

En 2025, notre pays a connu un tournant his­to­rique : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le pays a enre­gis­tré davantage de décès que de naissance. Lutter contre l’infertilité : tel est donc l’objectif affiché par la Ministre de la santé, Stéphanie Rist, à travers un plan gou­ver­ne­men­tal présenté le 5 février dernier.

Mariés depuis huit ans, Camille, 50 ans, et Sébastien, 55 ans, ont passé des années à essayer de concevoir un enfant, sans succès : « Une insuf­fi­sance ovarienne a consi­dé­ra­ble­ment réduit nos chances. j’étais épuisée phy­si­que­ment et men­ta­le­ment, mais Sébastien est resté présent à chaque rendez-​vous, sans jamais remettre notre couple en cause », a confié la quin­qua­gé­naire. Pour les deux époux, ce plan gou­ver­ne­men­tal serait donc un espoir pour les géné­ra­tions futures : « Peut-​être qu’à notre époque, cette com­mu­ni­ca­tion aurait changé notre parcours. aujourd’hui, nous nous sommes fait une raison : notre bonheur s’épanouit autrement. »

Un point de départ

Du côté des asso­cia­tions, la réception du plan est plutôt positive. Virginie Rio, cofon­da­trice du collectif BAMP (Association de patients et d’ex-patients de l’assistance médicale à la pro­créa­tion, de personnes infer­tiles ou stériles), a salué ce « point de départ ». « C’est la première fois que l’état porte un discours public sur la fertilité. créer une campagne nationale, un site d’information et un plan sur les per­tur­ba­teurs endo­cri­niens, c’est consi­dé­rable », s’est-elle réjouit.
Virginie Rio est co-​fondatrice de la BAMP. ©DR

Des avancées majeures, qui restent cependant à conso­li­der selon elle : « Il reste encore à améliorer les délais de prise en charge, et de faire en sorte que les gens ne soient plus contraints de partir à l’étranger. » Le plan promet également une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires poly­kys­tiques (SOPK), une patho­lo­gie qui touche 10 % à 13 %* des femmes et constitue l’une de prin­ci­pales causes d’infertilité féminine.

Une recon­nais­sance pourtant jugée tardive par Héloïse, 23 ans, atteinte de SOPK et d’endométriose : « On a l’impression que le gou­ver­ne­ment s’intéresse aux maladies qui touchent les femmes que lorsqu’il y voit un intérêt démo­gra­phique. Ce n’est pas vraiment leur santé qui est au centre. » Si ce plan constitue un tournant en recon­nais­sant l’infertilité comme un enjeu de santé publique, il reste à confirmer dans les années à venir sa véritable efficacité.

Source : Organisation mondiale de la santé (OMS)

Que prévoit ce plan ?

Attendu depuis 2021 et décliné en seize mesures, le plan contre l’infertilité entend mieux informer et diag­nos­ti­quer les 3,3 millions de Français concernés. Il prévoit notamment l’envoi d’un courrier d’information à chaque citoyen de 29 ans, l’ouverture de soixante-​dix centres de conser­va­tion ovo­cy­taires d’ici 2028, ainsi qu’une campagne nationale de com­mu­ni­ca­tion autour de patho­lo­gies liées à l’infertilité.

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