La drôle d’histoire de Teddy bear, l’ours en peluche

Tout doux, marron, blanc ou même recousu, l’ours en peluche est le doudou universel par excel­lence. Mais derrière son petit museau, son origine est bien plus politique et sym­bo­lique qu’on ne l’imagine.

L’histoire commence en 1902, aux États-​Unis. Comme à son habitude, le président Theodore Roosevelt part à la chasse. La légende raconte que ce jour là, il aurait refusé d’abattre un jeune ourson attaché à un arbre. Un geste rare à l’époque, largement relayé par la presse et les cari­ca­tu­ristes. Parmi eux, Clifford Berryman publie un cartoon le 16 novembre 1902 dans le Washington Post, qui tourne en dérision la chasse et immor­ta­lise le geste du président.

C’est au même moment, qu’à New York, un couple de com­mer­çants, Rose et Morris Michtom, s’inspire de cette image pour fabriquer un jouet inédit : un petit ours en peluche, baptisé Teddy’s Bear, en référence au surnom du président, « Teddy ». Après avoir reçu l’autorisation de Roosevelt d’utiliser son nom, les Michtom pro­duisent le jouet en série. Le succès est immédiat, si bien qu’ils fondent bientôt la Ideal Toy Company, qui popu­la­ri­sera le Teddy Bear à travers le monde.

Un jouet plutôt allemand ou américain ?

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Au même moment, en Allemagne, Margarete Steiff, une femme entre­pre­neure, han­di­ca­pée depuis l’enfance, crée avec son neveu le premier ours en peluche articulé. Un jouet révo­lu­tion­naire, fabriqué en mohair, lourd, bourré de paille et de bois. Il est très différent des jouets rigides de l’époque. Selon les his­to­riens, il est très peu probable que Steiff ait eu connais­sance de l’épisode américain. L’ours en peluche serait donc né deux fois, presque simul­ta­né­ment, de part et d’autre de l’Atlantique.

Son succès s’explique aussi par un chan­ge­ment profond dans la vision de l’enfance. Au début du XXᵉ siècle, on commence à recon­naître les besoins affectifs des enfants. L’ours en peluche devient alors le premier jouet confident, compagnon, doudou, mais aussi non genré et acces­sible à tous. Après la Seconde Guerre mondiale, il devient plus mou, plus léger, et s’installe dura­ble­ment dans l’imaginaire collectif. Très vite il s’émancipe du coffre à jouets. Il s’invite en lit­té­ra­ture, dans les publi­ci­tés et obtient même un premier rôle au cinéma avec en tête d’affiche Paddington, Ted et le fameux Winnie l’ourson créé en 1926 et adapté à l’écran par Disney.

Aujourd’hui, Teddy Bear reste un symbole de tendresse uni­ver­selle, rappelant qu’un geste de com­pas­sion peut parfois donner naissance à une icône cultu­relle intemporelle.

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