Dixième ville la plus peuplée de France, Lille cache une biodiversité parfois surprenante. Dans les parcs, les canaux ou les friches, certaines espèces y ont trouvé leur place. Voici cinq animaux que l’on peut rencontrer dans la métropole.

La pipistrelle de Nathusius, la chauve-souris venue de l’est
C’est la plus grande des pipistrelles. Elle apprécie les bois, si possible proches de l’eau. Elle sort principalement à la tombée de la nuit. À Lille, elle fait partie des 11 espèces de chauves-souris recensées. On peut notamment la retrouver dans les parcs de la ville et les cimetières boisés. Malgré un poids de 6 à 15 g seulement : « Une pipistrelle peut manger jusqu’à 2 500 moustiques par nuit », rappelle Pauline Lesniewski, animatrice à la LPO. Bien que très utile, la chauve-souris reste menacée par les activités humaines et elle souffre encore de nombreuses idées reçues liées à son apparence.

L’anguille européenne, la civelle en danger critique
Dans la Deûle, il est possible de l’apercevoir. « C’est un poisson qui était abondant mais qui est maintenant menacé. C’est pourtant une clef de voûte des écosystèmes aquatiques », explique Yohan Tison, écologue pour la ville de Lille. Mais l’espèce est aujourd’hui en danger critique. Pollution, turbine des écluses et parasite venu d’Asie ont fortement réduit ses populations. Sa pêche est désormais interdite depuis l’été 2026. Née dans la mer des Sargasses, l’anguille traverse ensuite l’Atlantique pour rejoindre les cours d’eau européens. Une fois la maturité sexuelle atteinte, l’anguille européenne accumule assez de graisse est devient une anguille argentée (9 ans chez le mâle et 12 ans chez la femelle). Elle reprends la route de l’océan et se rend au niveau de la mer des Sargasses pour y pondre des larves et y mourir.

Le renard, de retour dans les parcs
Le renard n’a pas déserté la ville. « Il est présent à la citadelle, beaucoup également au parc urbain de Lomme. À la friche Saint-Sauveur, il y a même des reproductions », indique Yohan Tison. L’espèce reste notamment menacée par la chasse et les pièges. Comme les fouines, le renard aurait profité de la période du Covid pour revenir dans Lille. Et contrairement à son image de « nuisible », le renard ne représente pas un danger pour l’homme. Le renard roux a une alimentation omnivore. Il s’attaque généralement aux petits mammifères, aux charognes ou à certains volatiles. Le reste du temps, il se nourrit de fruits et de légumes.

Le triton alpestre, l’habitué des mares
Au printemps, le triton alpestre retourne dans les mares pour se reproduire. Le mâle y effectue alors une parade particulièrement colorée. Le reste du temps, il se cache sous les pierres ou le bois mort et chasse notamment cloportes et limaces. Comme les autres amphibiens, il est menacé. Sa présence reste cependant un bon indicateur de la qualité d’un milieu. À Lille, la création de nouvelles mares lui a permis de gagner plusieurs quartiers, notamment à proximité de la Deûle. La femelle triton alpestre emballe ses œufs un par un. Avec ses pattes arrière, elle plie une feuille de plante aquatique autour de chacun pour le protéger des prédateurs.

La perruche à collier, l’oiseau immanquable
Avec son plumage vert et son collier noir, difficile de la manquer. Originaire d’Afrique et d’Asie, la perruche à collier s’est installée dans le nord il y a une vingtaine d’années, sans doute par hasard, « Nous ne sommes pas certains des conditions précises de son arrivée » précise Pauline Lesniewski. La perruche à collier fait désormais partie des espèces que l’on peut observer dans la région lilloise, dans les cimetières, dans les parcs et surtout au niveau de Eurotéléport à Roubaix. Elle est considérée comme espèce invasive car elle peut rentrer en concurrence avec d’autres oiseaux ou les chauves-souris pour leurs nids et leurs nourriture. Son arrivée témoigne des changements de la biodiversité urbaine, favorisés notamment par les activités humaines et le réchauffement du climat.
Et demain ?
La faune lilloise n’est donc pas figée. « Elle évolue avec les aménagements urbains et le réchauffement du climat », explique Yohan Tison. Couleuvre à collier, lézard des murailles ou encore libellules, grillons et criquets méridionaux ont déjà fait leur apparition. Le castor d’Europe devrait même faire son retour dans quelques années après plusieurs siècles d’absence. Dans dix ans, certaines espèces aujourd’hui inhabituelles pourraient ainsi devenir familières.
Liens utiles…
- La ligue pour la protection des oiseaux (LPO) :
Site : lpo.fr - La Hulotte
C’est la revue qui vous raconte la vie des animaux sauvages, des arbres et des fleurs d’Europe.
Site : lahulotte.fr